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Chantal Sébire, son combat pour l’euthanasie

Chantal Sébire, son combat pour l’euthanasie

Vendredi 9 décembre, la Convention citoyenne sur la fin de vie débute. 150 français tirés au sort vont réfléchir à cette question. Leurs conclusions seront remises au gouvernement fin mars 2023. En France, ce sujet clivant n’est pas nouveau. Retour sur le cas Chantal Sébire qui en 2008 avait relancé le débat autour de l’euthanasie.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 08.12.2022
Chantal Sébire, son combat pour l'euthanasie - 2022 - 03:08 - vidéo
 

L'ACTU.

150 français ont été tirés au sort pour réfléchir à la question de l’euthanasie, aujourd’hui interdite en France, dans le cadre d'une Convention citoyenne sur la fin de vie. Ce sujet clivant est régulièrement débattu, comme dans les années 2000 où le cas très médiatisé de Chantal Sébire avait relancé les discussions.

L'ARCHIVE.

Février 2008, Chantal Sébire, 52 ans, souffrait depuis 6 ans d’une tumeur rare et inopérable. Dans l'une des archives du montage ci-dessus, une journaliste de France 3 l'interrogeait : « Vous tenez encore à la vie ? ». Sa réponse : « Oui, mais sans souffrance. » Elle avait décidé de médiatiser son combat : « Vous savez quand vous avez comme une aiguille qui vous rentre dans l'œil, comme une vrille qui vous serre à l’intérieur, la souffrance de la personne est à un tel point…. Jusqu’à quel point peut-on être maso de la laisser dans cette situation-là ? »

Face à ces souffrances, Chantal Sébire réclamait le droit de mourir dans la dignité, donc de se faire euthanasier. Mais en France, une loi l’interdisait, il s'agissait de la loi Léonetti. À l’inverse d’autres pays européens, comme la Belgique, la Suisse ou encore les Pays-Bas. « Je voudrais vraiment que la souffrance que j’endure actuellement, si elle ne me sert pas à moi au final, serve à d’autres. Qu'une avancée se fasse. Qu’on bouge ensemble, qu’on ose, qu’on ne soit pas obligés de fuir à l’étranger. »

Faire avancer la loi, c'était aussi l’avis de son médecin, Emmanuel Debost : « Ma conscience me ferait l’aider à mourir. Mais la loi me l’interdit. »

Autoriser de manière exceptionnelle une injection létale

Alors fallait-il, oui ou non, changer la loi ? Le cas Chantal Sébire divisait et prenait une tournure politique. Certains étaient contre, comme Rachida Dati, alors ministre de la Justice : « Je considère que la médecine n’est pas là pour administrer des substances létales. »

D'autres pour, à l’image du député PS, Gaëtan Gorce : « Il faut introduire une formule d’exception qui fasse que lorsqu'une personne n'a pas d'autre solution que celle demandée par Chantal Sébire, elle puisse saisir une haute autorité indépendante, et qu'au cas par cas, au vu de sa situation, on puisse autoriser de manière exceptionnelle le médecin à une injection létale. »

Le débat était relancé, mais la loi, elle, ne changeait toujours pas. Face à cette impasse juridique, Chantal Sébire décidait de lancer une requête inédite : se faire prescrire un produit létal pour mourir, comme l’expliquait sa fille Virginie. « Il s’avère que c’est une demande qui n’a jamais été faite auparavant. En espérant que ça évolue pour certaines personnes en fin de vie. »

Requête rejetée par le tribunal de grande instance de Dijon, le 17 mars 2008 : « Quand un individu demande dignement, humainement, d’être accompagné par un geste d’amour pour partir, on ne lui donne même pas la liberté, parce que la loi est obligée d’intervenir. » Un refus difficile à accepter pour Chantal Sébire. Deux jours plus tard, le 19 mars 2008, elle se suicidait chez elle.

Le cas médiatisé de Chantal Sébire a permis de faire avancer la législation avec la loi Claeys-Leonetti en 2016. Elle instaurait notamment un droit à la « sédation profonde et continue » pour les personnes atteintes d’une maladie incurable en phase terminale. Mais l’euthanasie restait toujours interdite.

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