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Les appels au boycott de la Coupe du monde 1978

Les appels au boycott de la Coupe du monde 1978

Les appels au boycott se multiplient pour la Coupe du monde de foot au Qatar. Autant de controverses pour un mondial, ce n’est pas nouveau. Retour en 1978. 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 19.10.2022
 

L'ACTU.

Les appels à boycotter la Coupe du monde de foot au Qatar se multiplient. Après l’acteur Vincent Lindon, l’ancien footballeur Eric Cantona, le directeur du journal Le quotidien de la Réunion, le hashtag «#boycottQatar » sur Twitter, des groupes sur Facebook, une tribune d’élus Insoumis, de nombreuses villes ont à leur tour dénoncé l'événement. Pas d’écran géant pour retransmettre les matchs. Des appels au boycott pour un mondial, ce n’est pas nouveau. Retour en 1978 lorsque l'Argentine devait accueillir l'événement sportif. 

LE MONTAGE D'ARCHIVES.

Nous vous proposons de découvrir l'ambiance qui régnait alors en France, tant du côté du monde culturel, que politique ou sportif. À l’époque, l’Argentine vivait sous une dictature militaire menée par le général Jorge Videla. Des opposants politiques étaient assassinés, des personnes portées disparues. Malgré ce contexte, l’Argentine s’apprêtait à accueillir le Mondial de foot. En France, des voix allaient s'élever. L’un des premiers à dénoncer la compétition, était l’écrivain Marek Halter. Dès janvier 1978, il s’élevait contre l’instrumentalisation du Mondial par la dictature en place : « Le gouvernement argentin veut transformer cette Coupe du monde en une manifestation politique. C’est un moyen extraordinaire pour redorer le blason, pour donner l’image libérale au monde. »

Fallait-il envoyer, ou pas, l’équipe de France en Argentine ? Le débat allait s'enflammer. L’évènement sportif prenant une tournure politique, notamment à travers les propos de Lionel Jospin, alors conseiller de Paris (1977 à 1986) : « Nous, PS, nous pensons que non. Une campagne internationale permettrait que la coupe du monde se tienne ailleurs. » La question divisait aussi le monde du football. Selon Michel Hidalgo, le sélectionneur des Bleus, il n’y avait pas eu de vrai débat dans l’équipe, il restait évasif : « On a voulu quand même évoquer tout ce qu’on disait sur l’Argentine. Surtout parce qu’on nous écrit beaucoup en nous demandant de faire ceci ou cela. On a pris une décision commune, mais on n'est pas allés plus loin. » Leur décision commune, c’était d’aller en Argentine ! Et en France, les protestations allaient s'intensifier. Le COBA, un comité pour le boycott du mondial, manifestant un peu partout dans le pays.

Finalement, malgré ce contexte tendu, le 1er juin 1978, après des mois d’appels au boycott, la onzième Coupe du monde de foot débutait. La France sera éliminée dès le premier tour. Quant à l'Argentine, elle gagnait la compétition après plusieurs matchs douteux dont la finale.

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