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La gare de Bobigny, un lieu méconnu de la déportation

La gare de Bobigny, un lieu méconnu de la déportation

L'ancienne gare de déportation de Bobigny est devenu un mémorial. Plus de 22.000 juifs de France, internés dans le camp voisin de Drancy, ont été déportés depuis cette gare, tardivement reconnue comme un lieu de mémoire.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.01.2023
 

L'ACTU.

L’ancienne gare de Bobigny (Seine-Saint-Denis) est désormais un lieu de mémoire ouvert au public. Son inauguration aura lieu le 18 juillet 2023. Cette date marquera le 80e anniversaire du départ du premier convoi. Plus de 22.000 juifs y ont transité entre juillet 1943 et août 1944, avant d’être envoyés vers les camps de concentration et notamment Auschwitz-Birkenau en Pologne. C'est Aloïs Brunner, l'un des principaux acteurs de la «solution finale», qui contrôlait à l'époque le camp de Drancy d'où venait la plupart des déportés.

L'ARCHIVE.

Entre juillet 1943 et août 1944, plus de 22.000 hommes, femmes et enfants juifs sont partis de la gare de Bobigny vers le camp d’Auschwitz-Birkenau. Au total, ce sont 21 convois qui ont été organisés.

La gare de Bobigny a d’abord été une gare voyageurs, une ligne construite à la fin du XIXe siècle qui faisait le tour de la banlieue parisienne. En 1939, elle ferme et devient une gare de marchandises. Son activité perdure pendant la guerre. Le bâtiment voyageurs sera transformé en logements pour les cheminots de la gare de marchandises. Nombre d'entre eux seront les témoins des déportations.

Le dernier important convoi est formé à Drancy le 31 juillet 1944 avec près de 1300 Juifs, dont 330 enfants. Et il partira de Bobigny.

L’activité de la gare cesse dans les années 1950. Le site, qui appartient à la SNCF, sera ensuite loué à un ferrailleur jusqu’en 2005, date à laquelle il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 2011, l’ancienne gare franchit une étape : le président de la SNCF, Guillaume Pépy cède le terrain à la mairie, et reconnaît l’implication du groupe ferroviaire dans la déportation. La SNCF était «contrainte», «réquisitionnée», «soumis(e) à l'effort de guerre nazi» avait-il expliqué lors d'une cérémonie, en présence de Simone Veil.

Douze ans plus tard, le site est désormais ouvert au public.

Ci-dessous, Jacques Lazarus raconte être monté dans le dernier convoi en partance pour les camps de la mort à la gare de Bobigny, composé des derniers prisonniers du camp de Drancy et des déportés politiques. Il raconte qu'il n'avait pas eu peur, pensant que la fin de la guerre approchait. Il se demandait simplement comment il allait rentrer chez lui.

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