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Aung San Suu Kyi en 2000 : « On n'abandonne pas un tel engagement pour la liberté »

Aung San Suu Kyi en 2000 : « On n'abandonne pas un tel engagement pour la liberté »

L'ancienne cheffe du gouvernement birman a été condamnée, lundi 6 décembre, à quatre ans de prison par un tribunal de la junte militaire birmane. En 2000, la militante des droits de l'homme et prix Nobel 1991 revenait dans une interview non autorisée sur ses années de lutte pour la démocratie.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 06.12.2021
Birmanie : interview Aung San Suu Kyi - 2000 - 02:24 - vidéo
 

Aung San Suu Kyi a été condamnée, lundi 6 décembre, à quatre ans de prison par un tribunal de la junte militaire birmane.

Agée de 76 ans, la lauréate du prix Nobel 1991 est connue dans le monde entier pour son combat pour la démocratie dans son pays. Fille du partisan de l’indépendance birmane, le général Aung San, Aung San Suu Kyi se bat dès la fin des années 1980 contre la junte birmane, un rôle qui lui vaut le soutien des pays occidentaux. La junte, au pouvoir sans discontinuité depuis 1988, concède une parenthèse démocratique à partir de 2015, lorsque le parti d’ Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (NDL) remporte les élections. Proche du nouveau président Htin Kyaw et conseillère spéciale de l’Etat, la militante des droits de l’homme est à son tour critiquée par l’opinion internationale pour n’avoir pas empêché le massacre de la minorité Rohingya par l’armée, en 2017.

Le 1er février 2021, la junte reprend le pouvoir par un coup d’Etat et assigne à nouveau à résidence Aung San Suu Kyi, alors que des manifestations sont réprimées dans le sang.

Combat pour la démocratie

Nous avons retrouvé dans nos archives une interview exceptionnelle de Aung San Suu Kyi. En 2000, la journaliste de France 2 Maryse Burgot avait réussi à interroger l’opposante politique à Rangoon, sans l’autorisation du régime : « Les autorités ne se contentent pas de mettre en prison les membres actifs du parti, ou les sympathisants du mouvement démocratique », expliquait-elle face à la caméra. « Ensuite, ils commencent à harceler leurs familles respectives. Ils leur rendent la vie pas seulement plus difficile, mais presque impossible pour certaines d’entre elles. Leurs fortunes sont anéanties et s’ils ne sont dans les affaires toutes les opportunités sont bloquées. L’avenir des enfants est menacé, donc les risques sont immenses ». Revenant sur son combat pour la démocratie, Aung San Suu Kyi poursuivait : « On n’abandonne pas un tel engagement. Qu’est-ce que c’est que 10 ans dans la vie d’une nation ? Quand vous considérez le combat pour la liberté dans certains pays, cela a duré des dizaines d’années. Donc 10 ans, ce n’est pas beaucoup. Regardez par exemple le combat de Nelson Mandela ».

Avant de se voir décerner le prix Nobel en 1991, Aung San Suu Kyi se voyait décerner le prix Sakharov par le parlement européen en 1990, mais ne pouvait le réceptionner en mains propres qu’en 2013, lors d’une cérémonie à Strasbourg. Mais en 2020, le Parlement européen excluait Aung San Suu Kyi de la communauté des lauréats du prix Sakharov des droits de l’homme, un geste fort destiné de la part de l’UE à condamner « son inaction et son acceptation des crimes en cours contre la communauté rohingya ».

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