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Thèses et hypothèses : l'affaire DREYFUS

Thèses et hypothèses : l'affaire DREYFUS

Dialogues - 01.12.1981 - 01:10:05 - audio

Zeev STERNHELL et Marcel THOMAS sont invités par Roger PILLAUDIN pour ce dialogue qui a pour nom, "Thèmes et hypothèses sur l'affaire DREYFUS ". A 1'25 : Zeev STERNHELL : pose la question de l'affaire DREYFUS : quand le fait divers s'est transformé en évènement politique ? Marcel THOMAS répond. L'admission de la traîtrise d'Alfred DREYFUS en raison de son origine juive. Les débuts de l'affaire et le manque d'émotion lors de sa déportation sur l'Ile du Diable. Le déclenchement du mécanisme et la découverte de l'erreur. Le refus de la dénonciation de la condamnation pour une raison politique : le Ministre de la guerre ne pouvait admettre l'erreur de son prédécesseur. A 6'43 : Zeev STERNHELL : le système de l'Etat et de l'armée eut été alors mis en cause. Il existe une antinomie entre l'idée de justice en soi et la raison d'Etat. Au nom de l'intérêt supérieur de la nation, les hommes de l'armée sont capables de faire n'importe quoi. L'armée de l'époque n'est pas républicaine et la gauche la regarde d'un mauvais oeil. L'armée se considère comme le dépositaire des vertus de la nation et l'aristocratie qui refusait de servir la république servait donc dans l'armée. A 10'06 : Marcel THOMAS : les découvertes postérieures à la condamnation de DREYFUS, faites début 1896 par PICQUART et accusant ESTERHAZY : PICQUART veut faire réviser le procès. Le conflit est alors déjà ouvert entre ce jeune officier et ses supérieurs. A 12'10 : la substitution du nouveau coupable à l'ancien est refusée par les supérieurs de PICQUART pour ne pas impliquer l'ancien ministre de la guerre, Auguste Mercier, et affaiblir l'armée. La phrase de PICQUART : "Je n'emporterai pas ce secret dans la tombe". Comment le Général Billot décide de ne pas faire la révision du procès. A 16'15 : Z. STERNHELL : les différents éléments de l'affaire DREYFUS. L'essentiel pour Charles MAURRAS est que l'Etat ne soit pas mis en cause. Pour les antidreyfusards, le corps national ne doit pas être touché. L'antisémitisme est un instrument politique : les vaincus du boulangisme repartent alors en guerre. L'équation dans la presse antisémite : "juif et traître". Y aurait il eu une affaire DREYFUS s'il n'avait pas été juif ? Le clivage ainsi constitué dans la tradition politique française. L'impossibilité alors de rester à la fois socialiste et antisémite. L'affaire DREYFUS a dicté les rapports entre le socialisme et la République bourgeoise. Elle a brisé la solidarité du socialisme. A 22'08 : Marcel THOMAS : PICQUART a été éloigné et s'est tu pendant un an car il était un officier discipliné, puis a confié son secret à son avocat LEBLOIS (?) qui a révélé l'affaire. La brochure de Bernard Lazare a eu peu d'effet sur l'opinion. La solidarité alsacienne a fait réagir le député Kessner. A 27'20 : Z. STERNHELL : le déchaînement antisémite en France et la réaction simultanée à cette vague. La victoire éclatante de ces forces qui combattaient au nom de valeurs universelles contre la raison d'Etat. Les dreyfusards ont été récompensés et ont pris le pouvoir pour très longtemps. L'antisémitisme est un instrument politique et devient un moyen d'intégration de toutes les couches sociales dans la nation, qui permet au corps national de s'affirmer contre l'étranger. Le socialisme national apparaît. La notion d'intellectuel apparaît à cette époque. La vérité d'une part et la vérité nationale d'autre part avec des normes absolues ou relatives. A 33'15 : Marcel THOMAS : la fin juridique de cette affaire. Les deux révisions du procès. Le rôle qu'a joué l'antisémitisme, fraction du sentiment de xénophobie français. A 37'55 : Z. STERNHELL : le mythe de la surpuissance du juif se développe rapidement. La notion de conspiration est alors très répandue. La solidarité juive internationale, dotée d'une puissance financière énorme. Le peuple comprend mal ce mécanisme. "La libre parole" tire à 150000 exemplaires et la presse catholique est antisémite. La bataille du dreyfusisme a été gagnée par une élite non conformiste, Clémenceau, ZOLA... Ce sont les marginaux qui ont conduit cette bataille. A 42'05 : M. THOMAS : souligne le rôle du hasard. Le suicide du faux Henri. Le dossier de CAVAIGNAC. A 46'41 : Z. STERNHELL : c'est une première vague d'assaut que subit la Démocratie libérale en Europe. M. THOMAS : les erreurs auraient été évitées grâce à une conscience politique plus juste. A 49'44 : les deux invités répondent au public du centre Charles PEGUY d'Orléans.

Producteur / co-producteur Radio France
Générique Producteur : Roger Pillaudin Présentateur : Roger Pillaudin Participants : Zeev Sternhell, Marcel Thomas

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