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Ce bug de l'An 2000 qui devait bloquer la planète mais qui n'a pas eu lieu

Ce bug de l'An 2000 qui devait bloquer la planète mais qui n'a pas eu lieu

Pendant plus de six heures lundi 4 octobre, plusieurs sites et applications du groupe Facebook ont cessé de fonctionner. Une panne mondiale inédite qui a plongé la planète dans le silence. Ce bug mondial n'est pas sans rappeler celui de l'An 2000 qui devait plonger la planète dans le marasme… mais il ne s'est jamais produit.

Par Florence Dartois - Publié le 05.10.2021
Tour de guet a Bercy - 1999 - 01:55 - vidéo
 

Lundi 4 octobre, en fin d'après-midi (heure française), des centaines de millions d'internautes à travers le monde ont été privés des réseaux sociaux du groupe Facebook, plongeant la planète dans une sorte de silence virtuel. Durant près de six heures, l'accès à Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp a été impossible. Une panne inédite attribuée par Mark Zuckerberg, fondateur du groupe, à des "changements de configuration défectueux" dans les serveurs.  "Nous présentons nos excuses à ceux qui ont été affectés", a-t-il ajouté.

Aujourd'hui, une telle panne dans les réseaux sociaux pointe la fragilité de nos sociétés, entièrement dépendantes des technologies informatiques. Mais ce constat n'est pas nouveau. Il a notamment émergé à la fin des années 1990, notamment à l'occasion de l'approche du changement de millénaire. A la veille du passage à l'An 2000, la crainte d'un bug mondial cataclysmique, paralysant les systèmes informatiques du monde entier, était dans tous les esprits. A tel point que ce potentiel bug général fut traité en amont au niveau international et à coup de millions de francs dans l'Hexagone. 

Une simple histoire d'horloge

Mais quel était donc ce bug qui aurait pu bloquer le monde entier ? Il s'agissait avant tout d'une question d'horloge interne intégrée aux ordinateurs, et qui ne prenait alors en compte que les années sur 2 chiffres, au lieu des 4 nécessaires. Comme l'explique la vidéo ci-dessous, à l'occasion du passage à l'année 2000, on craignait que les horloges informatiques ne repassent à 1900, sans changer de siècle, perturbant les machines devenues incapables d'accéder à des informations "postérieures" à cette nouvelle date  désormais retenue par les systèmes. Une vraie inquiétude pour les particuliers, bien-sûr, mais surtout pour l'ensemble d'une société globalisée tributaire de l'informatique.

Bug ordinateurs perso
1999 - 01:36 - vidéo

Dès l'annonce de ce potentiel bug généralisé, les fabricants d'ordinateurs et de logiciels intègrent les dates à 4 chiffres dans le nouveau matériel. Mais pour les installations plus anciennes, la question reste épineuse. Chaque entreprise, chaque institution est appelée à réviser, à remettre à jour, voire à changer complètement son équipement, s'il souhaite éviter la panne générale, pire, le chaos. Une transformation au coût conséquent. La planète entière s'organise. 

Bug an 2000
1999 - 02:11 - vidéo

Mission "Passage An 2000"

En France, dès le début de 1999, le gouvernement de Lionel Jospin met en place la mission "Passage An 2000" pour adapter tous les systèmes informatiques du pays. L'Etat va débourser 120 milliards de francs pour parer à toute mauvaise surprise, c'est dire si le soir du 31 décembre 1999 l'ambiance était tendue. Pour l'occasion, le ministère de l'Economie avait même mobilisé près de 500 personnes, associées à tout un réseau d'informateurs dans le monde entier, pour guetter le passage à l'An 2000 et un éventuel bug informatique. L'archive que nous vous proposons en tête d'article nous plonge dans le PC de crise où la tension est à son comble à l'approche du réveillon. Il est presque midi, les yeux sont déjà tournés vers l'Est du globe où les premières nations commencent à passer dans le nouveau millénaire. Suspens !

Le responsable de la mission "Passage An 2000", Gérard Théry, se montre plutôt confiant : "Nous sommes tous d'accord dans le monde entier pour dire que la probabilité de risque sérieux, grave est extrêmement réduite."

La surveillance s'opère donc à l'Est. En Nouvelle-Zélande, on craignait le marasme, c'est finalement la fête. Christian Sautter, le ministre de l'Economie, est lui aussi mobilisé et se veut tout aussi rassurant : "Nos amis néozélandais sont en train de faire la fête. Pour l'instant tout va bien."

Les craintes s'orientent à présent vers le Japon, la Chine ou la Russie, "avec ses centrales nucléaires ou ses missiles". Finalement, seuls quelques pirates perturbèrent ce soir-là l'Internet, sans troubler les festivités. Néanmoins, un peu tendu, Michel Le Clainche, le responsable de la communication ministère de l'économie l'assurait, "tout le monde sera en éveil de minuit à 6 heures du matin".

Le bug de l'An 2000 n'aura finalement pas lieu. Au Japon, à Moscou ou ailleurs, le cataclysme ne se produira pas, même si, le 1er janvier 2000, le ministre Christian Sautter attendait pour se réjouir, la reprise de l'activité économique du lundi suivant.

Le bogue et Christian Sautter
2000 - 02:08 - vidéo

La panne qui a touché Facebook souligne la fragilité de nos systèmes de communication et relance le débat sur la situation de monopole du réseau social dont certains s'inquiètent, notamment l’autorité américaine de la concurrence (FTC) qui a lancé des poursuites contre l'entreprise de Mark Zuckerberg.

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