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Abstention : une constante des élections européennes depuis 1979  

Abstention : une constante des élections européennes depuis 1979  

L’abstention atteindrait entre 50 et 55 % des votants dimanche 9 juin 2024 lors des élections européennes, promettant ainsi d'être le « premier parti de France ». Ce scrutin est pourtant accoutumé à une abstention record par rapport aux autres scrutins, et ce, depuis les premières élections européennes en 1979.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.06.2024
 

Dès l’annonce des toutes premières estimations le soir des premières élections européennes en 1979, une donnée retient l’attention des commentateurs, journalistes et politiques : près de 40% des Français appelés aux urnes pour élire leurs députés européens se sont abstenus, un chiffre bien supérieur à celui des autres élections les plus politiques

Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1984, réagit au micro d'Antenne 2 et explique que le faible engouement populaire à l’élection « montre bien que l’Europe est mal ressentie par les peuples ». Jacques Chirac, alors à la tête du Rassemblement pour la République (RPR) depuis 1976, considérait quant à lui que l’image de l’Europe « ne sort pas grandie d’un scrutin caractérisé par des abstentions si massives ».

Le scrutin suivant en 1984 connaît la même désaffection dans les bureaux de vote, la participation baisse à 56% des suffrages exprimés alors que la campagne était très politisée, entre l’émergence du Front national de Jean-Marie Le Pen ou encore la victoire de la liste d’opposition à la majorité socialiste menée par Simone Veil.

En 1989, la participation chute de 7,9 points de pourcentage et passe sous la barre des 50% des inscrits, avec 48,8% de votants. Comme en 1984, ces résultats sont imputés à la météo estivale du jour de vote qui aurait détourné les citoyens de passer derrière l'isoloir, comme le montre les reportages télévisés dans le montage en tête d’article.

Cette abstention record est aussi due à un désintérêt et l’incompréhension des Français par rapport aux questions européennes abordées lors de la campagne, imputés au rôle des médias, mais aussi celui des politiques. En 1999 une enquête IFOP montrait que pour 52% des Français, la campagne n’était pas intéressante, chiffre qui atteint 57,2% en 2004.

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