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2017, Bernard Stiegler : "Nous approchons d'une bifurcation chaotique"

2017, Bernard Stiegler : "Nous approchons d'une bifurcation chaotique"

Le philosophe Bernard Stiegler est mort à l'âge de 68 ans. En 2017, il analysait la complexité numérique sans cesse croissante conduisant à la prolétarisation de tous les métiers.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.08.2020 - Mis à jour le 10.08.2020

2017, Bernard Stiegler : "Nous approchons d'une bifurcation chaotique"

Le philosophe Bernard Stiegler est mort à l'âge de 68 ans. En 2017, il analysait la complexité numérique sans cesse croissante conduisant à la prolétarisation de tous les métiers.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.08.2020 - Mis à jour le 10.08.2020
Algorithmes Endiablés - 2017 - 05:32 - vidéo
 
Algorithmes Endiablés - 2017 - 05:32 - vidéo
Le philosophe Bernard Stiegler est mort à l'âge de 68 ans. Eleve de Jacques Derrida, sous la direction duquel il soutenait sa thèse en 1993, Bernard Stiegler s'était notamment intéressé aux rapports entre l'homme et la technologie, avertissant des dangers que cette dernière fait peser sur l'humanité. En 2017, Bernard Stiegler analysait la complexité technologique sans cesse grandissante ayant pour conséquence la prolétarisation de tous les métiers.

Prenant pour exemple la crise des subprimes de 2008 et la déclaration du président de la Réserve fédérale de l'époque, Alan Greenspan, de ne « pas tout comprendre » au mécanisme ayant amené l'effondrement de l'économie internationale, Bernard Stiegler démontre la « prolétarisation » de tous les acteurs de la société, du plus petit travailleur au « patron de la finance mondiale ».

Citant les écrits de Marx et Engels, pour qui « être prolétarisé c'est perdre son savoir et se mettre à travailler pour un système qu'on ne comprend pas et qu'on ne peut pas changer », Bernard Stiegler alerte sur le danger que fait peser la technologie sur nos vies. Car cette frustration d'être dépossédé par la machine entraîne chez l'homme la « disruption », un panel de sentiments négatifs mêlant « chaos, angoisse et agressivité ».

Devant une telle accélération technologique, le philosophe estime que « nous approchons d'un moment où la bifurcation chaotique sera absolument incontrôlable ». D'où la nécessité de « sortir de ce modèle, de le repenser, de reconstituer des circuits courts », « non pas pour revenir en arrière ou rejeter [la technologie] », mais afin « d'utiliser les réseaux intelligemment ». Dans le but de mettre l'économie et la technologie au service de l'homme, et pas l'inverse comme jusqu'à présent : « Construire une économie mondiale qui soit solvable, durable, et qui fasse augmenter la néguentropie, c'est-à-dire, le bonheur de vivre ». 

Parmi ses nombreuses implications universitaires au service de la recherche et de l'éducation, Bernard Stiegler avait notamment collaboré avec l'Institut national de l'audiovisuel. 


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