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Le désarroi d'une mère soignée à la Dépakine : « J'ai eu un énorme sentiment de culpabilité »

Le désarroi d'une mère soignée à la Dépakine : « J'ai eu un énorme sentiment de culpabilité »

Le tribunal judiciaire de Paris a déclaré Sanofi responsable d'un manque de vigilance et d'information dans l’action de groupe engagée au civil par des victimes de la Dépakine. En 2008, ce médicament était déjà soupçonné de causer des handicaps chez l’enfant pendant la grossesse.

 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.11.2020 - Mis à jour le 05.01.2022
 

Mercredi 5 janvier 2022, le tribunal judiciaire de Paris a estimé que Sanofi avait « commis une faute en manquant à son obligation de vigilance et à son obligation d'information » sur les risques de son médicament Dépakine sur les fœtus en cas de prise pendant la grossesse. Par conséquent l'action de groupe menée par l'association de victimes de la Dépakine contre le laboratoire a été jugé « recevable ». 

L’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac) est à l’origine de cette procédure lancée en 2017. Les plaignants considèrent que le laboratoire Sanofi avait trop tardé à informer les patientes des risques qu'elles prenaient en utilisant ce médicament pendant la grossesse. Les conséquences sur les fœtus sont graves : malformations (colonne vertébrale, cœur, membres…), troubles neurodéveloppementaux allant jusqu’à l’autisme sévère.

La molécule incriminée est appelée « valproate de sodium  ». Elle a été commercialisée dès 1967 sous la marque Dépakine par le laboratoire Sanofi, et prescrite dès lors aux personnes souffrant de troubles bipolaires ou les épileptiques. Dès 2008, ce médicament avait été soupçonné de causer des handicaps chez l’enfant pendant la grossesse. L'archive en tête d'article présente le témoignage anonyme d'une femme qui prenait de la Dépakine alors qu'elle était enceinte. Elle était l'une des premières à engager une procédure contre le laboratoire.

« J’ai porté mes enfants et j‘ai eu l’impression de les avoir empoisonnés »

Au début du reportage, le commentaire précisait : « Cette femme de 36 ans est une mère de famille accablée. Elle est torturée à l’idée d’avoir transmis malgré elle à ses deux garçons une infection proche de l’autisme avec un retard mental manifeste. Depuis qu’elle est ado, elle suit un traitement antiépileptique »

Le visage caché, la femme témoignait de son accablement : « Au début, j’ai eu un énorme sentiment de culpabilité, c’est moi qui était malade, c’est moi qui ai pris les médicaments et j’ai porté mes enfants, et j‘ai eu l’impression de les avoir empoisonnés »

Après une première conciliation infructueuse, elle portait alors plainte contre les laboratoires Sanofi. Me Karine Dubois Avocate de la plaignante, précisait que le laboratoire connaissait les implications nocives du traitement : « Ils ont mis en circulation un médicament qui était dangereux pour les enfants à naître. Aujourd’hui, ça figure au Vidal, on sait qu’il y avait des risques pour les mamans enceintes à suivre ce traitement »

« Y a-t-il une relation de cause à effet entre le médicament incriminé et la maladie des deux enfants ? La réponse préfigure déjà une bataille d’experts », concluait alors le commentaire.

Le nombre d’enfants handicapés à cause de cette molécule se situe entre 16 000 et 30 000 selon des estimations de l’Assurance maladie et de l’ANSM.

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