Aller au contenu principal
2006, Biélorussie la dernière dictature d'Europe

2006, Biélorussie la dernière dictature d'Europe

Ce lundi 24 mai, l'UE a pris des mesures contre la Biélorussie après le détournement, le 23 mai, d'un avion de ligne vers Minsk et l’arrestation d’un jeune opposant biélorusse présent à bord. Retour en 2006, lorsque le JT de France 2 qualifiait la Biélorussie de « dernière dictature d'Europe ».


Par la rédaction de l'INA - Publié le 13.08.2020 - Mis à jour le 25.05.2021

2006, Biélorussie la dernière dictature d'Europe

Ce lundi 24 mai, l'UE a pris des mesures contre la Biélorussie après le détournement, le 23 mai, d'un avion de ligne vers Minsk et l’arrestation d’un jeune opposant biélorusse présent à bord. Retour en 2006, lorsque le JT de France 2 qualifiait la Biélorussie de « dernière dictature d'Europe ».


Par la rédaction de l'INA - Publié le 13.08.2020 - Mis à jour le 25.05.2021
La Biélorussie, dernière dictature d'Europe - 2006 - 01:50 - vidéo
 
La Biélorussie, dernière dictature d'Europe - 2006 - 01:50 - vidéo

Les dirigeants de l’Union européenne ont décidé lundi soir de fermer leur espace aérien à la Biélorussie et d’adopter un nouveau train de sanctions contre le régime d’Alexandre Loukachenko. Le dirigeant biélorusse, mis au ban de la communauté internationale pour la nature non démocratique de régime, est accusé d'avoir dérouté un avion européen vers Minsk afin d'arrêter un dissident politique, Roman Protassevitch. Ce journaliste de 26 ans, ancien rédacteur en chef de l'influence plate-forme d'opposition Nexta, vivait depuis 2019 en exil entre la Pologne et la Lituanie. 

« Inacceptable », « abject », « sans précédent »… les pays de l’Union européenne ont réagi face à cette nouvelle crise qui démontre encore fois le non respect de l'état de droit par la Biélorussie, déjà au ban de la communauté internationale depuis la réélection fortement contestée - et non reconnue par les pays occidentaux - d’Alexandre Loukachenko en août 2020. 

Déjà en 2006, à l'occasion de l'élection présidentielle de 2006, un reportage de France 2 dressait le portrait d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir en Biélorussie depuis 1994 : « Omniprésent à la télévision, que ce soit en hockeyeur, en latin lover, ou en mineur de fond », Alexandre Loukachenko règne en maître dans ce pays de 9 millions d'habitants.

Alors candidat à sa réélection, l'homme fort du pays « cultive son image de petit père du peuple prévisible ». Au fond d'une mine, coiffé d'un casque, le président-candidat déclare ainsi aux caméras de télévision : « Vous savez, les gens du peuple, ils se disent, ce Loukachenko, bon ben on en a un peu marre, mais avec lui ça marche, et au moins, on le connaît ! » 

Né de la dissolution de l'URSS en 1991, la Biélorussie semble cependant être restée à l'heure soviétique : « C'est un peu comme si ici l'URSS n'avait jamais cessé d'existe », explique le reportage. Et de citer des statistiques économiques qui illustrent le fossé entre les économies libérales modernes et la Biélorussie : « 80% de l'économie sous contrôle étatique, pas de ces privatisations sauvages qui ailleurs [une référence directe à la Russie] ont enrichi quelques uns pour dépouiller beaucoup d'autres, des salaires certes bas selon nos standards mais réguliers et plutôt en hausse ». Interviewée sur son lieu de travail, une ouvrière témoigne favorablement : « En Biélorussie, on s'occupe beaucoup de nous, et ça me plaît. C'est la sécurité et la stabilité ». 

La sécurité en tout cas semble omniprésente. Selon le reportage de France 2, le pays vit en effet sous le joug d'un « état policier comme on en fait plus en Europe ». En font les frais tous ceux qui tentent de se soustraire à la ligne officielle dictée par le président Loukachenko, comme ce journal indépendant, La volonté du peuple, interdit selon son directeur « d'imprimerie, de kiosque et de système de distribution. » 

Même le monde culturel est affecté par la mainmise du pouvoir. Les représentations théâtrales indépendantes se font le plus souvent clandestinement. Un metteur en scène liste ainsi les thèmes interdits de représentation : « la violence, la politique, l'homosexualité, le suicide... »

Au soir du 19 mars 2006, Alexandre Loukachenko est réélu sans surprises avec 82,60% des voix. Un reportage diffusé le lendemain sur France 2 fait état de manifestations de l'opposition sur la place centrale de Minsk : « Une mobilisation étonnante dans le climat de la Biélorussie d'aujourd'hui. Car ces manifestations sont interdites. Depuis des jours déjà les autorités menaçaient de poursuites tous ceux qui s'y rendraient. »

Les observateurs de l'OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) jugeaient quant à eux l'élection comme « non démocratique, avec une campagne électorale inégale et émaillée d'arrestations. » 


S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.