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2002 : une année de violences vis-à-vis du monde politique

2002 : une année de violences vis-à-vis du monde politique

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et tous les députés, ont dit mardi 11 janvier leur refus devant la recrudescence d'actes de violence qui visent les élus de la République. Retour sur l'année 2002, qui fut aussi, avec beaucoup de différences, une année noire dans ce domaine.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 11.01.2022
 

Devant la montée de la violence contre les élus de la République, l’Assemblée nationale s’est montrée solidaire du message de fermeté de son président, Richard Ferrand. Mardi 11 janvier, deux jours après l’agression à son domicile du député de Saint-Pierre-et-Miquelon Stéphane Claireaux (LREM), Richard Ferrand a tenu à dénoncer à la tribune de l’Hémicycle la « montée de la haine » à  l’encontre des élus, alors que les violences en lien avec la politique sanitaire sont montées d’un cran. « Il est indispensable que tous les moyens de l’État soient mobilisés pour assurer la sécurité de tous les candidats [à la présidentielle] comme de l’ensemble des représentants de la nation », a encore plaidé le président de l’Assemblée nationale, sous les applaudissements de tout l’hémicycle.

Si la violence contre les élus est particulièrement forte dans ce climat de crise sanitaire et de défiance généralisée vis-à-vis du monde politique, certaines périodes dans notre histoire récente ont vu aussi des flambées de violence – certes pour d’autres raisons, et alors davantage le fait de déséquilibrés psychologiques.

Il en est ainsi de l’année 2002, une année noire qui aura vu plusieurs drames. Le 27 mars, Richard Durn, un homme de 33 ans, ouvre le feu sur le conseil municipal de Nanterre, tuant 8 conseillers et en blessant 14 autres. Finalement maîtrisé, il est conduit au 36, quai des Orfèvres, d’où il se suicide en garde à vue. Le sujet en tête d’article, diffusé le 6 octobre 2003 sur France 3, reprend un extrait de la déclaration faite par Yves Bot, procureur de Nanterre, sur les motivations du geste de Richard Durn : « Il voulait avoir une fois dans sa vie le sentiment de la maîtrise des événements, et pour lui avoir le sentiment de maîtriser sa vie c’était tuer des gens, d’une certaine élite et se donner la mort ensuite ».

Indispensable vigilance

Le 14 juillet, Maxime Brunerie, un jeune militant d’extrême droite de 25 ans, manque de peu d’assassiner le président de la République Jacques Chirac, en plein défilé sur les Champs-Elysées. Les 4000 policiers présents sur place n’ont pu empêcher son acte. Le seul coup qu’il tire en direction du président est heureusement manqué. L’homme est maîtrisé. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, déclare peu après en conférence de presse : « A ses différents interlocuteurs, policiers en civil, CRS et passants qui étaient intervenus, l’individu a déclaré qu’il avait eu l’intention de tuer le président, et ensuite de se suicider. » Maxime Brunerie est condamné le 10 décembre 2004 à dix ans d’emprisonnement, la cour d’assises de Paris l'estimant responsable de ses actes sur la foi d'examens psychiatriques. Il est libéré le 3 août 2009, après sept ans passés derrière les barreaux.

Le 5 octobre, le maire de Paris Bertrand Delanoë est poignardé par un déséquilibré, au soir de la première Nuit blanche organisée dans la capitale. Interviewé à la sortie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, où il est venu lui rendre visite le 6 octobre, François Hollande, premier secrétaire du PS, s’interroge sur l’attitude à adopter devant cette flambée de violence : « Si maintenant, pour rencontrer un élu, il faut passer par un garde du corps, un portique, alors où va la démocratie ? Alors qu’il y ait des protections, qu’il y ait des vigilances, je crois que c’est absolument indispensable, souvenons-nous aussi de ce qu’il s’est passé à Nanterre, mais [acceptons de prendre] le risque aussi ».

L’auteur du geste, Azedine Berkane, avait déclaré à la police détester « les politiciens, particulièrement les homosexuels ». Le 12 janvier 2004, la justice rend un non-lieu en sa faveur, déclarant que « son état mental le rendait irresponsable pénalement », et le fait interner en hôpital psychiatrique. Opéré après son agression, le maire de Paris reprenait le travail après 5 semaines de convalescence.

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