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2002 : l'attentat de Karachi, une affaire d'Etat

2002 : l'attentat de Karachi, une affaire d'Etat

Verdict ce jeudi dans le procès de l'affaire Karachi, jugée à partir de janvier par la Cour de justice de la République. Relaxe pour l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et deux ans de prison avec sursis pour l'ex-ministre de la Défense François Léotard. Retour sur une affaire d'état. 


Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.05.2012 - Mis à jour le 04.03.2021

2002 : l'attentat de Karachi, une affaire d'Etat

Verdict ce jeudi dans le procès de l'affaire Karachi, jugée à partir de janvier par la Cour de justice de la République. Relaxe pour l'ancien Premier ministre Edouard Balladur et deux ans de prison avec sursis pour l'ex-ministre de la Défense François Léotard. Retour sur une affaire d'état. 


Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.05.2012 - Mis à jour le 04.03.2021
 
La Cour de justice de la République a rendu son verdict ce jeudi dans le cadre de l'affaire Karachi, et ses liens avec le financement occulte de la campagne présidentielle du RPR de 1995. L'ancien Premier ministre Edouard Balladur est relaxé, tandis que l'ex-ministre de la Défense François Léotard est condamné à deux ans de prison avec sursis. Retour sur l'attentat de Karachi, commis le 8 mai 2002 dans la ville portuaire pakistanaise, et qui avait coûté la vie à 11 Français.

Le 8 mai 2002, à Karachi, au Pakistan, un attentat frappe un autocar transportant 23 employés français de la Direction des constructions navales, causant la mort de 14 personnes, dont 11 Français. La thèse du terrorisme islamiste est immédiatement avancée mais sept ans après les faits la justice française décide de réorienter l’enquête : l’attentat de Karachi devient alors une véritable affaire d’Etat.

C'est en 1994 que le gouvernement Balladur vend la construction de trois sous-marins au Pakistan. Au coeur de ce contrat spectaculaire, des commissions sont prévues pour rémunérer des intermédiaires pakistanais. La justice suspecte qu'une partie de ces sommes d'argents aient été renvoyées en France sous forme de "rétrocommissions", alors déjà interdites par le droit international. Des rétrocommissions qui auraient été prévues pour le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

Ce dernier, en concurrence avec Jacques Chirac au sein de la droite française, ne bénéficiait pas du soutien financier et logistique que le RPR fournissait au maire de Paris.

Lorsque Jacques Chirac accède à la présidence de la République, il décide de la suppression des versements des commissions, légales jusqu'en 2000, à destination du Pakistan, en raison de soupçons de ces rétrocommissions.

C'est l'arrêt du versement de l'argent français vers le Pakistan qui aurait entraîné des représailles pakistanaises, en commettant l'attentat de Karachi contre des intérêts français.

Edouard Balladur était poursuivi pour « complicité » et « recel » d’abus de biens sociaux. Finalement relaxé, il a pris « acte avec satisfaction de la décision de la Cour de justice de la République qui reconnaît enfin [son] innocence ».


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