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1998 : le préfet Érignac, «homme de dialogue et de fermeté»

1998 : le préfet Érignac, «homme de dialogue et de fermeté»

Yvan Colonna e été enterré vendredi 25 mars dans son village natal de Cargèse, en Corse, quatre jours après son décès à Marseille des suites de son agression en prison. Ce nationaliste avait été reconnu coupable de l'assassinat du préfet Claude Érignac, survenu le 6 février 1998 à Ajaccio. 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 25.03.2022
Portrait du préfet Erignac - 1998 - 03:57 - vidéo
 

Les obsèques d'Yvan Colonna, mort lundi 21 mars à Marseille, trois semaines après son agression en prison, ont eu lieu vendredi après-midi à Cargèse, son village natal en Corse. L'arrivé de son cercueil sur l'île de Beauté, mercredi, avait été saluée par une haie d'honneur et par la mise des drapeaux en berne, une mesure qualifiée « d'inappropriée » par Emmanuel Macron. 

Yvan Colonna, mort le 21 mars à l'âge de 61 ans, a été reconnu coupable à trois reprises entre 2006 et 2011 (en première instance, en appel, puis en renvoi après une cassation de l’arrêt d’appel), de l'assassinat du préfet Claude Érignac, le 6 février 1998 à Ajaccio. 

Le 9 février 1998, un flash spécial de France 2 présenté par le journaliste Benoît Duquesne, en direct d'Ajaccio, évoquait le préfet Érignac comme un homme « apprécié pour sa simplicité, [qui] aimait faire son marché seul, faire du cyclotourisme dans la région, [...] très proche des gens ». Apprécié des Corses, le préfet était un « homme de dialogue, et de fermeté : il aimait que l'état de droit soit respecté, c'était en tout cas la mission qui lui avait été confiée quand il est arrivé ici, et il s'est appliqué à faire aboutir les dossiers dans le respect de l'état de droit », expliquait Benoît Duquesne.

Le portrait du préfet, réalisé par la journaliste Agnès Varhamian, relatait ensuite que « la Corse l'avait adopté depuis deux ans, [et] qu'il disait : "Je veux rester ici longtemps encore". Sa mission : aider l'île à sortir de l'ornière économique en instaurant la zone franche, mais aussi faire face au terrorisme." Apprécié aussi des journalistes qui reconnaissaient son sens du dialogue, il disait de la préfecture de région qu'elle était « une maison où l'on peut parler avec franchise », à tel point que « certains se [souvenaient] d'ailleurs de réunions houleuses ». 

Préfet du Gers, de Meurthe-et-Moselle, puis des Yvelines, Claude Érignac était arrivé en Corse en février 1996. « Face à la violence, poursuivait la journaliste Agnès Varhamian, son discours était ferme, comme le 6 septembre 1997 après l'attentat contre la gendarmerie de Pietrosella : "C'est en effet un attentat important, tout à fait inadmissible, tout à fait stupide"» avait-il déclaré sur les lieux du plastiquage. Ironie du sort, c'est durant cet attentat qu'allait être volée l'arme qui servirait à son assassinat, quelques mois plus tard. 

Après la diffusion du portrait du préfet, Benoît Duquesne donnait la parole au journaliste corse Michel Codaccioni, qui revenait avec les mêmes termes laudateurs sur la personnalité aimable et sur le professionnalisme de ce serviteur de la République.

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