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1996 : l'attentat du RER B à la gare de Port-Royal

1996 : l'attentat du RER B à la gare de Port-Royal

Il y a vingt-cinq ans, une explosion dans le RER à la gare de Port-Royal, à Paris, faisait 4 morts et 91 blessés. Le récit de cette soirée d'horreur avec les archives du journal télévisé de France 2.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 02.12.2021
Secours factuel attentat RER Port Royal - 1996 - 03:23 - vidéo
 

Le 3 décembre 1996, le journaliste Bruno Masure ouvre le journal de 20h sur France 2 avec l’annonce d’un attentat qui vient de se produire, deux heures plus tôt, à la station Port-Royal du RER B, dans le 5e arrondissement de Paris. Avant de lancer les images du reportage, le journaliste annonce le bilan provisoire de « deux morts et une cinquantaine de blessés ». Les images qui parviennent alors aux téléspectateurs montrent de nombreux véhicules de secours – police, pompiers et Samu – garés  devant la sortie de la station.

La journaliste Anne Ponsinet, auteure du reportage, rappelle brièvement les faits : « à 18h05,  en pleine heure de pointe, l’engin a explosé. [Il s’agit] d’une bombonne de gaz de 13 kilos située dans la deuxième voiture de la rame ». Preuve de la force de l’explosion, d’autres images, diffusées lors du journal de la nuit, sur France 2, montrent des débris, dont une porte, qui jonchent les abords de la rame.

L’explosion a eu lieu alors que le RER empruntait une portion de sa ligne en extérieur, ce qui a rendu l’événement encore plus visible pour des « témoins [qui ont] signalé la présence d’une grande colonne de fumée noire au-dessus des rails », poursuit la journaliste. En application du plan rouge, les secours affluent très rapidement des quatre coins de la capitale, emmenant les blessés, « parmi lesquels huit […] graves […] dont trois […] dans un état désespéré » dans les hôpitaux des environs, notamment Cochin et le Val de Grâce.

Arrivés sur les lieux, le Premier ministre Alain Juppé et le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré annoncent la réactivation du plan Vigipirate.

Un jeune homme, Jean-François, témoin de l’attentat, déclare ému face aux caméras : « [J’ai vu] un nuage de fumée vraiment incroyable. J’ai vu des gens qui pleuraient, ils étaient presque intoxiqués, d’après ce que j’ai compris, et [avaient] les larmes aux yeux. J’ai vu une dame avec du sang sur la joue, je n’ai pas compris, j’étais apeuré, choqué, je suis ressorti, je suis parti, [je me suis dit que j’allais] rentrer et en me tournant, j’ai vu les CRS et je me suis dit : « tu as échappé à la mort en fait ! ». Les gens étaient terrorisés, ils ne pensaient qu’à sortir, étant donné que la fumée était vraiment épaisse et que tout le monde était pris à la gorge. Oui il y avait de la panique, forcément, beaucoup de panique même ».

Jacques Chirac
1996 - 01:47 - vidéo

Signe de la gravité de l’événement, le journal télévisé se poursuit avec la déclaration du président de la République Jacques Chirac, depuis l’Elysée. « Une explosion vient d’avoir lieu à la station Port-Royal du RER. Il s’agit sans aucun doute d’un acte de barbarie, de terrorisme. Ma première pensée va aux victimes, à leurs familles, aux blessés, et à leurs proches. Le Premier ministre qui s’est rendu immédiatement sur place m’a rendu compte et m’a indiqué sa décision de remettre immédiatement en vigueur le plan Vigipirate. Devant ces actes inacceptables, ces actes barbares, qui s’attaquent à des innocents, toujours, je voudrais vous dire mes chers compatriotes, ma détermination, celle du gouvernement, celle de la nation tout entière, je n’en doute pas, de lutter par tous les moyens, contre le terrorisme sous toutes ses formes. Et vous pouvez être assurés que rien ne sera négligé dans ce domaine. »

Si la nature terroriste de l’explosion ne fait pas de doute, il n’est encore à ce jour pas directement attribué, ni revendiqué. Il s’inscrit cependant dans le contexte des attentats islamistes qui ont frappé la France entre juillet et octobre 1995 - avec notamment l’attentat du RER à la station Saint-Michel le 25 juillet - , reprenant le même procédé de l’explosion à la bonbonne de gaz. De telle sorte que le Groupe islamique armée (GIA) algérien est fortement suspecté d’avoir perpétré l’attentat de Port-Royal qui a finalement coûté la vie à 4 personnes et en a blessé 91 autres.

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