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1995 : Nicolas Sarkozy se disait contre l'idée d'une primaire à droite

1995 : Nicolas Sarkozy se disait contre l'idée d'une primaire à droite

Xavier Bertrand a refusé mardi 6 juillet la proposition de quatre responsables de la droite et du centre qui souhaitent l’organisation d’une « primaire ouverte » pour désigner leur candidat à la future présentielle. La primaire, un choix déjà rejeté en 1995 par Nicolas Sarkozy.

Par Cyrille Beyer - Publié le 07.07.2021 - Mis à jour le 07.07.2021

1995 : Nicolas Sarkozy se disait contre l'idée d'une primaire à droite

Xavier Bertrand a refusé mardi 6 juillet la proposition de quatre responsables de la droite et du centre qui souhaitent l’organisation d’une « primaire ouverte » pour désigner leur candidat à la future présentielle. La primaire, un choix déjà rejeté en 1995 par Nicolas Sarkozy.

Par Cyrille Beyer - Publié le 07.07.2021 - Mis à jour le 07.07.2021
 

Dans une tribune publiée dans Le Figaro lundi 5 juillet, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Bruno Retailleau et Hervé Morin plaident pour l'organisation d'une primaire ouverte en vue de désigner le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle de 2022.

Ces quatre poids lourds de la droite, refusant de s'en remettre aux « sondages, dont la fiabilité est plus que jamais mise en doute », prennent acte de ce que « l'homme ou la femme providentiel que certains espéraient ne s'est pas imposé », et choisissent le « système le plus clair, le plus démocratique : le vote ». « Un vote, écrivent-ils, populaire, le plus large possible, ouvert à tous les sympathisants de la droite et du centre. Un vote qui donnera force et légitimité au vainqueur et à l'équipe de France qui devra se rassembler autour de lui ».

Rencontre entre un homme, une femme, et les Français

Le lendemain, mardi 6 juillet, sur le plateau du 20h de TF1, Xavier Bertrand leur a adressé une fin de non-recevoir. Crédité de 18% des intentions de vote selon les instituts, derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le président des Hauts-de-France, qui avait quitté le parti Les Républicains en décembre 2017 après l'élection de Laurent Wauquiez à sa tête, a déclaré « devant les Français, [être] candidat à l’élection présidentielle ». « Une candidature, a t-il poursuivi, de cohérence avec [sa] conception de l’élection présidentielle [qui] est une rencontre entre un homme, une femme et les Français ».

C'est cette idée de l'homme au-dessus des partis à la rencontre des Français pour l'élection présidentielle, ce moment suprême de la vie politique nationale, que défendait déjà Nicolas Sarkozy en janvier 1995. Alors que se profilait l'élection, le RPR était divisé entre deux hommes, le premier ministre Edouard Balladur et le maire de Paris Jacques Chirac, tous deux candidats. 

L'esprit de la Ve République

Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget et porte-parole du gouvernement, était le principal soutien d'Edouard Balladur. Sur le plateau de "L'heure de vérité", interrogé par le journaliste Alain Duhamel sur la pertinence d'organiser « un Congrès du RPR pour décider lequel des deux représente le plus naturellement le mouvement », Nicolas Sarkozy rejetait cette idée avec force, convoquant la vision gaulliste des institutions : « Je considère que ce serait une erreur. D'abord parce que s'il y avait un congrès du RPR avec un vote pour départager deux candidats, cela voudrait dire que le RPR investit un candidat, ce qui est parfaitement contraire à l'esprit de la Ve République et au message du général de Gaulle ». 

Autre argument avancé par Nicolas Sarkozy, la cohésion du RPR et de ses militants après des votes contradictoires : « Imaginez la situation ou une centaine de militants votent pour un candidat, et que ce candidat soit battu. Qu'en sera t-il alors de l'avenir de la formation gaulliste ? »

Au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril 1995, Edouard Balladur échouait à se qualifier pour le deuxième, finissant troisième avec 18,58% des voix. Son challenger à droite, Jacques Chirac, arrivé deuxième avec 20,84%, derrière le candidat socialiste Lionel Jospin (23,30% des voix), était finalement élu président de la République le 7 mai, face à Lionel Jospin, avec 52,64% des voix.

Pour aller plus loin

La guerre des chefs entre le RPR et l'UDF : un reportage du journal de 13h d'Antenne 2, diffusé le 9 novembre 1990. 

Querelle entre les partisans de Nicolas Sarkozy et ceux de Dominique de Villepin au sujet d'une éventuelle primaire à droite : un reportage du journal télévisé de France 2 diffusé le 6 décembre 2005.

Laurent Wauquiez invité sur le plateau du 13h de France 2 s'exprime sur les primaires du Parti socialiste : un sujet diffusé le 16 novembre 2006.

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