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1994 : "Etre juré, on ne peut pas dire que ce n'est pas impressionnant"

1994 : "Etre juré, on ne peut pas dire que ce n'est pas impressionnant"

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti a présenté, mercredi 14 avril, son projet de loi devant le Conseil des ministres, portant notamment sur la généralisation de cours criminelles sans jury populaire. Mais au fait, ça fait quoi d'être juré ?


Par la rédaction de l'INA - Publié le 15.04.2021 - Mis à jour le 15.04.2021
Jury populaire : témoignage de deux hommes - 1994 - 02:43 - vidéo
 
Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti a présenté, mercredi 14 avril, son projet de loi devant le Conseil des ministres. Le texte, qui sera examiné courant mai à l'Assemblée nationale, porte notamment sur la généralisation des cours criminelles départementales composées de magistrats professionnels, et non de jurés. Mais au fait, ça fait quoi d'être juré ? Réponse avec des deux témoignages, en 1994.

Le texte présenté ce mercredi 14 avril en Conseil des ministres par Eric Dupond-Moretti est un projet de réforme pour "restaurer la confiance en la justice". Il sera examiné courant mai à l'Assemblée nationale, et porte sur différents sujets, comme le renforcement du secret professionnel de la défense, des audiences filmées, les réductions de peines. Il y est également question du projet de créations de cours criminelles départementales pour juger les crimes passibles de 20 ans de réclusion. Ces cours seraient composées uniquement de magistrats professionnels, et non plus de jurés, réservant le jury populaire pour les cours d'assises. 

Le jury populaire est une institution de la justice française. Institué par la Révolution française, il signifie la justice rendue par le peuple. Nous avons retrouvé une archive, tirée de l'émission "Français si vous parliez" diffusée le 9 juin 1994 sur France 3, dans laquelle deux anciens jurés témoignent de leur expérience, au micro d'André Bercoff : 

« On ne peut pas dire que ce n'est pas impressionnant. On ressent un lourd sentiment de responsabilité. Selon les personnes, chacun l'assume disons avec plus ou moins d'angoisses, mais dans tous les jurys auxquels j'ai participé, chacun a un sens grave de la responsabilité qu'il va devoir assumer, et de fait l'importance de cette responsabilité ne se dément évidemment pas au fil des affaires. »

Un autre ancien juré pense possible de ne « pas faire intervenir ses propres sentiments » : « On part avec des a priori et au fur et à mesure on entend des personnes, [...] et au fur et à mesure on essaye vraiment d'être objectif, d'écouter toutes les personnes, les deux parties, accusée comme victime. »

Pour aller plus loin : 

Éric Dupond-Moretti en 2017 : le jury populaire est "une bouffée d'oxygène"

1985, Robert Badinter à propos de la captation filmée des procès


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