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1988 : "La vie est un long fleuve tranquille" casse la baraque

1988 : "La vie est un long fleuve tranquille" casse la baraque

TMC diffuse ce vendredi 27 août, "La vie est un long fleuve tranquille", le film culte d'Etienne Chatiliez. Véritable ovni cinématographique, boudé par la critique mais plébiscité par le public, il allait remporter un succès inattendu au box office. Retour sur un succès du cinéma français.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 01.02.2018 - Mis à jour le 26.08.2021

1988 : "La vie est un long fleuve tranquille" casse la baraque

TMC diffuse ce vendredi 27 août, "La vie est un long fleuve tranquille", le film culte d'Etienne Chatiliez. Véritable ovni cinématographique, boudé par la critique mais plébiscité par le public, il allait remporter un succès inattendu au box office. Retour sur un succès du cinéma français.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 01.02.2018 - Mis à jour le 26.08.2021
 

Le 3 février 1988 sortait en salle le film décalé d'un réalisateur de spots publicitaires méconnu du grand public, un certain Étienne Chatiliez : "La vie est un long fleuve tranquille". Ce long métrage corrosif a secoué le petit monde du cinéma à sa sortie. Réalisé par Étienne Chatiliez, venu de la pub, cette comédie déjantée est restée dans les annales du cinéma comme un énorme succès populaire de la fin des années 80. Le film est tourné pendant l'été 1987 avec un casting quasi inconnu, surtout issu du théâtre : Hélène Vincent, André Wilms. C'est aussi le premier rôle de Benoit Magimel (le petit Maurice) et l'un des plus gros succès de Patrick Bouchitey, qui le reconnait lui-même à l'époque, est plutôt un habitué des navets... Bien avant "Bienvenue chez les ch'tis" de Dany Boon, le tournage s'effectue dans plusieurs localités du Nord : Roubaix, Lille,Tourcoing ou encore, Hénin-Beaumont.

"Le Nord parce que c'est une région que l'on ne voit pas beaucoup au cinéma. Parce que c'est beau et parce que c'est chez moi" explique Étienne Chatiliez dans sa première interview.

Un scénario loufoque...

Le synopsis déjanté ne laisse pas présager d'un tel succès : dans une ville du Nord de la France coexistent deux familles radicalement opposées et parodiant les stéréotypes sociaux. D'un côté, les Groseille et leurs six enfants, aux revenus modestes, vivant d'aides sociales et de combines dans une HLM, et dont l'existence est constituée de combines et de larcins. De l'autre, les Le Quesnoy, famille aisée : Monsieur est directeur régional de l'EDF et Madame, outre ses actives participations aux kermesses de la paroisse, s'occupe de leurs cinq enfants. Leur seule particularité : leurs enfants. Chez les Groseille, Maurice, 12 ans, s'avère le plus débrouillard et le plus intelligent. Chez les Le Quesnoy, Bernadette, 12 ans, agit de façon un peu erratique pour son milieu. Et pour cause ! 12 ans plus tôt les deux enfants ont été échangés à la clinique… Chaque famille va donc reprendre son propre enfant et découvrir que l'identité ne tient pas qu'à son statut social… Le film est également resté célèbre grâce à sa bande son originale avec "C'est comme ça" des Rita Mitsuko ou bien-sûr l’inénarrable "Jésus reviens" interprété par Patrick Bouchitey lui-même.  

 ... et un succès phénoménal !

La comédie va remporter une flopée de prix et de récompenses, notamment aux César de 1989, où il empoche le César du meilleur scénario original ou adaptation écrit par Étienne Chatiliez et Florence Quentin, le César du meilleur premier film et le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Hélène Vincent. "Un film qui ressemble un peu au film de l'Est des années 60 !", "C'est un canular ?", "Un film au deuxième degré ?"… visiblement, la distribution quasi inconnue et le scénario loufoque, voilà de quoi perturber William Leymergie au cours de cette interview d'Etienne Chatiliez venu présenter son premier long métrage le 27 janvier 1988.

Quelques jours plus tard, face à Henry Chapier, Etienne Chatiliez revient sur l'écriture du scénario avec Florence Quentin et l'idée de substitution d'enfants qu'il explique ainsi : " Il y a eu l'idée de cette substitution d'enfant qui nous a laissé un sourire vicieux suffisamment longtemps, pour qu'on passe deux ans dessus, à l'écrire à le réaliser". Plus tard dans l'interview, Henry Chapier qualifiant son film d'impertinent, le cinéaste lui rétorque : "Le propre de l'humour, n'est-il pas de faire rire sur des choses sérieuses. Moi, je le pense".

Le film dépasse les deux millions d'entrée et fait la surprise, avril 1988... Il fait aussi bien Qu'au revoir les enfants de Louis Malle ou Trois hommes et un couffin de Coline Serreau. Une belle récompense pour un film qu'aucun distributeur ne voulait distribuer…

Florence Dartois

Pour aller plus loin :

Interview d'Etienne Chatiliez par Thierry Ardisson dans Bains de minuit, 29 janvier 1988 

Etienne Chatiliez parle de son travail de réalisateur de films publicitaires et de son passage au long métrage, avec aujourd'hui son premier film La Vie est un long fleuve tranquille, dans Quartier libre sur FR3,  29 janvier 1988.

Etienne Chatiliez : ses pubs (playlist)

Récompensé à la cérémonie des César. (5 mars 1989)


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