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1987 : le Comité Champagne défend les intérêts français aux USA

1987 : le Comité Champagne défend les intérêts français aux USA

Vladimir Poutine a donné son accord, vendredi 2 juillet, à un amendement d'une loi qui met en avant le Champagne russe au détriment du Champagne français. En 1987, c'était aux Etats-Unis que le Comité Champagne bataillait pour le respect de son appellation contrôlée. 


Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.07.2021 - Mis à jour le 08.07.2021

1987 : le Comité Champagne défend les intérêts français aux USA

Vladimir Poutine a donné son accord, vendredi 2 juillet, à un amendement d'une loi qui met en avant le Champagne russe au détriment du Champagne français. En 1987, c'était aux Etats-Unis que le Comité Champagne bataillait pour le respect de son appellation contrôlée. 


Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.07.2021 - Mis à jour le 08.07.2021
Le champagne aux USA - 1987 - 02:04 - vidéo
 
Le champagne aux USA - 1987 - 02:04 - vidéo

Vladimir Poutine a donné son accord, vendredi 2 juillet, à un amendement de la loi sur la réglementation des boissons alcoolisées. Selon ce texte, les producteurs russes de vin mousseux vont pouvoir seuls s’approprier l’appellation "Shampanskoe ", (la traduction russe de "Champagne") écrite en caractères cyrilliques sur la contre-étiquette (située au dos de la bouteille), tandis que les vins importés devront adopter l’appellation de "vin à bulles".

Les vins de Champagne français pourront certes continuer à afficher le terme "Champagne" écrit en caractères latins sur l’étiquette (située sur le devant de la bouteille), mais les producteurs champenois ne décolèrent pas et en appellent aux autorités françaises et européennes pour obtenir la « modification de cette loi inacceptable » qui bafoue leur identité dans l'alphabet cyrillique.

Cette nouvelle législation russe n’est en effet pas sans risque pour une région viticole qui exporte une part importante de sa production en Russie.

D’après Le Monde, reprenant une information du quotidien économique russe Vedomosti, « 13 % des 50 millions de litres de mousseux et Champagne importés chaque année en Russie viennent de France ». La prestigieuse maison Moët-Hennessy « représente 2 % de ce marché ».

Défendre le Champagne français

Ce n’est en tout cas pas le premier litige auquel doit faire face la production viticole champenoise. En 1987, un reportage de Paul Nahon aux Etats-Unis, pour Antenne 2, donnait la parole aux représentants du vin de Champagne, établis à New York.

Leur rôle était de défendre l’appellation française (l'AOC datant de 1936) face à la concurrence américaine, et notamment californienne : « En Europe ne peuvent être appelés et étiquetés "champagne" que les vins produits dans la région champenoise. Les Allemands appellent leur mousseux "Sekt" et les Italiens appellent le leur "Asti Spumante" », expliquait une représentante du Comité Champagne, avant de poursuivre : « Mais les Américains, eux, continuent d’appeler leur vin mousseux "Champagne" »

Cette spécificité du marché américain n'avait rien d'illégal, la législation étasunienne ne reconnaissant tout simplement pas l'AOC française.

Même si cette situation ne semblait pas inquiéter une vendeuse américaine de champagnes et vins mousseux, à New York, certaine que le « Champagne américain ne serait jamais un sérieux concurrent du Champagne français », les Etats-Unis ne protégeaient toujours pas, en 2021, l’appellation "Champagne AOC", contrairement à un nombre important de pays dans le monde.

Pour aller plus loin : 

Reportage sur la fabrication du Champagne : un sujet du journal télévisé de 20h de l'ORTF diffusé le 31 décembre 1972.

Reportage sur la fabrication du Champagne : un sujet du journal télévisé de 13h sur Antenne 2 diffusé le 13 octobre 1987.

L'affaire opposant les vins de Champagne et le parfumeur Yves Saint Laurent : un sujet du journal télévisé de 13h diffusé le 16 décembre 1993 sur France 2.

Cyrille Beyer


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