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1984 : "Un verre c’est bien, mais trois verres c’est mieux !"

1984 : "Un verre c’est bien, mais trois verres c’est mieux !"

"Se vacciner, c'est se protéger" : C'est le slogan lancé par le ministère de la santé pour accompagner la campagne française de vaccination contre le Covid-19. Le slogan de communication, une arme souvent redoutable, mais parfois à double tranchant, comme le montre cette archive de 1984.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.03.2021 - Mis à jour le 24.03.2021

1984 : "Un verre c’est bien, mais trois verres c’est mieux !"

"Se vacciner, c'est se protéger" : C'est le slogan lancé par le ministère de la santé pour accompagner la campagne française de vaccination contre le Covid-19. Le slogan de communication, une arme souvent redoutable, mais parfois à double tranchant, comme le montre cette archive de 1984.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 23.03.2021 - Mis à jour le 24.03.2021
 

En 1984, le gouvernement se lance dans une vaste campagne contre les ravages de l'alcoolisme, avec ce slogan accrocheur, décliné sur toutes sortes de supports, et notamment des campagnes publicitaires à la télévision : « Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts ». 

Pour répondre à ce slogan qui risque de porter atteinte à la bonne santé du marché viticole hexagonal, la confédération nationale des caves particulières lance un drôle de contre-slogan : « Un verre ouvre la voie, trois verres donnent la joie »

Le 30 avril 1984, le journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes consacre un reportage à l'opinion que se font les vignerons de la région de cette campagne nationale anti-alcool. A Vaux-en-Beaujolais, dans une cave viticole, quelques amateurs de vin sont réunis autour de Louis Brechard, ancien président de l'union viticole du Beaujolais. Ce dernier commence par détourner une nouvelle fois le slogan officiel par une plaisanterie, jugeant qu'« un verre c’est bien, mais trois verres c’est mieux ! ».

Plus sérieusement, Louis Brechard pense que [cette campagne] porte « quelques mauvaises intentions vis-à-vis du vin ». Et de s'emporter : « C'est intolérable, on nous engage à produire bon et mieux pour pouvoir mieux exporter. Et puis on s'en va à l'étranger en disant que les Français ne veulent plus boire ! »

Sur l'argument sanitaire des méfaits d'une trop grande consommation d'alcool, il se veut le porte-parole de ses confrères vignerons : « Nous disons tout simplement que la consommation normale du bon vin ne peut pas faire tous les cataclysmes dont on semble vouloir nous menacer. Qu'ils viennent voir ici si les gens ont des figures d'enterrement ! » 

Avant d'endosser l'habit de l'historien et de rappeler que « la France est une vielle nation viticole, une vieille civilisation du vin. C'est elle qui nous a dans certains cas, réconfortée : l'exemple de 1914 n'est pas tellement lointain, où sans aucun doute la guerre n'aurait pas été gagnée sans le pinard ! »

Une magistrale leçon que Louis Brechard conclut en levant son verre et en souhaitant une « bonne santé à tous », ajoutant pour tenter de faire rire « qu'avec [le vin], au moins, on est sur de pas attraper le sida ! »


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