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1981 : la centrale à charbon de Saint-Avold vantée pour son «faible impact environnemental»

1981 : la centrale à charbon de Saint-Avold vantée pour son «faible impact environnemental»

Alors que de nombreux réacteurs nucléaires sont à l'arrêt et que la guerre en Ukraine renforce les besoins énergétiques de la France, l'une des deux dernières centrales à charbon de France, à Saint-Avold en Moselle, dont la fermeture était effective depuis le 31 mars 2022, tourne à plein régime. Focus sur cette centrale Émile Huchet, « plus grande centrale thermique de France » en 1981.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.01.2022 - Mis à jour le 29.11.2022
Centrale électrique de Carling - 1981 - 03:07 - vidéo
 

L'ACTU.

L'arrêt de 20 centrales nucléaires pour maintenance etla fin de l'approvisionnement en gaz russe pour cause de conflit ukrainien a contraint le gouvernement de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, fermée en mars 2022. L’occasion de revenir sur le lancement d’une tranche importante de production au charbon de cette centrale (mise en service en 1948), en 1981, avec ce reportage pour l’émission « Clés pour demain », diffusée le 23 septembre 1981. À l’époque, le site de Carling/Saint-Avold est décrit comme la « plus importante centrale thermique française ».

L'ARCHIVE.

En 1981, le magazine « Clés pour demain » consacrait un reportage sur ce fleuron des charbonnages de France. D’une capacité de 600 mégawatts, la nouvelle tranche proposait deux caractéristiques intéressantes, selon Bernard Robert, des Houilles du Bassin de Lorraine, la première étant de réutiliser des « résidus de lavage de charbon », difficilement transportables hors de leur lieu d’extraction [la centrale est située tout près des mines, NDLR] : « ces produits représentent 17% de notre extraction, 1,7 million de tonnes par an. Ils sont pratiquement intransportables, d’abord au plan économique parce que leur transport conduit à véhiculer un très important ballast, et ensuite parce que leur finesse extrême pose des problèmes insurmontables ».

Autre motif de fierté pour Bernard Robert, la réactivité de la production : « La deuxième caractéristique de ce groupe, c’est qu’il a été spécialement étudié pour avoir une très grande souplesse et être capable de reprendre très rapidement les variations de charge en fonction des appels du réseau. Nous avons dans une chaudière de ce type environ cinq fois moins d’eau en circulation que dans une chaudière classique. Cela donne une rapidité qui les rapproche beaucoup de celle des turbines à gaz ».

Reconversion

La centrale se voulait également la plus propre possible, afin de ne pas rejeter trop de poussières de charbon dans l’atmosphère. Une véritable ambition affichée par Bernard Robert, qui tranchait rétrospectivement avec les critiques émises aujourd’hui sur la nocivité environnementale des usines à charbon [en raison d’un fort rejet de CO2 dans l’atmosphère, NDLR] : « Nous avons veillé à ce que ce groupe ait un impact aussi faible que possible sur l’environnement. C’est ainsi que nous l’avons équipé d’un dépoussiéreur qui est probablement actuellement un des plus grands du monde, et qui permet de réduire la teneur en poussière contenue dans les fumées, ce qui correspond à un rendement global de 99,7% ».

La tranche charbon de la centrale Emile Huchet avait été fermée le 31 mars 2022 afin de respecter les objectifs de la France en matière de limitation des rejets de gaz à effet de serre. À l'avenir, elle devrait être reconvertie en une centrale fonctionnant à la biomasse et à l'hydrogène vert.

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