Aller au contenu principal
1981 : la centrale à charbon de Carling vantée pour son « faible impact environnemental »

1981 : la centrale à charbon de Carling vantée pour son « faible impact environnemental »

Alors que 17 réacteurs nucléaires sont à l'arrêt, le gouvernement souhaite pleinement utiliser ses deux dernières centrales à charbon de Cordemais et Carling, bien que leur fermeture soit prévue plus tard cette année. Focus sur la centrale Emile Huchet de Carling, « plus grande centrale thermique de France » en 1981.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.01.2022
Centrale électrique de Carling - 1981 - 03:07 - vidéo
 

Avec l’arrêt de 17 des 56 réacteurs nucléaires, soit 30% du parc français, le gouvernement veut, afin de passer l’hiver, pousser la production de ses deux dernières centrales à charbon, Cordemais, près de Nantes, et Saint-Avold, en Moselle. Cette dernière, officiellement appelée centrale Emile Huchet, se situe à cheval sur les communes de Saint-Avold et de Carling, et doit fermer au 31 mars 2022.

L’occasion de revenir sur le lancement d’une tranche importante de production au charbon de cette centrale (mise en service en 1948), en 1981, avec ce reportage pour l’émission « Clés pour demain », diffusée le 23 septembre 1981. A l’époque, le site de Carling/Saint-Avold est décrit comme la « plus importante centrale thermique française ».

D’une capacité de 600 mégawatts, la nouvelle tranche propose deux caractéristiques intéressantes, selon Bernard Robert, des Houilles du Bassin de Lorraine, la première étant de réutiliser des « résidus de lavage de charbon », difficilement transportables hors de leur lieu d’extraction [la centrale est située tout près des mines, NDLR] : « ces produits représentent 17% de notre extraction, 1,7 million de tonnes par an. Ils sont pratiquement intransportables, d’abord au plan économique parce que leur transport conduit à véhiculer un très important ballast, et ensuite parce que leur finesse extrême pose des problèmes insurmontables ». Autre motif de fierté pour Bernard Robert, c’est la réactivité de la production : « La deuxième caractéristique de ce groupe, c’est qu’il a été spécialement étudié pour avoir une très grande souplesse, et être capable de reprendre très rapidement les variations de charge en fonction des appels du réseau. Nous avons dans une chaudière de ce type environ cinq fois moins d’eau en circulation que dans une chaudière classique. Cela donne une rapidité qui les rapproche beaucoup de celle des turbines à gaz ».

La centrale se veut également la plus propre possible, afin de ne pas rejeter trop de ces poussières de charbon dans l’atmosphère. Une véritable ambition affichée par Bernard Robert, qui tranche rétrospectivement avec les critiques émises aujourd’hui sur la nocivité environnementale des usines à charbon [en raison d’un fort rejet de CO2 dans l’atmosphère, NDLR] : « Nous avons veillé à ce que ce groupe ait un impact aussi faible que possible sur l’environnement. C’est ainsi que nous l’avons équipé d’un dépoussiéreur qui est probablement actuellement un des plus grands du monde, et qui permet de réduire la teneur en poussière contenue dans les fumées, ce qui correspond à un rendement global de 99,7% ».

La tranche charbon de la centrale Emile Huchet, tout comme celle de Cordemais, doit fermer en 2022 afin de respecter les objectifs de la France en matière de limitation des rejets de gaz à effet de serre.

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.