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Augmentation du SMIC : reportage dans une PME après l'élection de François Mitterrand

Augmentation du SMIC : reportage dans une PME après l'élection de François Mitterrand

L'une des mesures phrases du Nouveau front populaire, arrivé en tête des élections législatives dimanche 7 juillet, est la revalorisation du SMIC à 1 600 euros. Une hausse conséquente dont le dernier équivalent date de l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981. Qu'en pensaient employés et patrons à l'époque ? Reportage dans une usine de textile.

Par Romane Laignel Sauvage - Publié le 08.07.2024
Les smicards dans l'entreprise - 1981 - 03:17 - vidéo
 

L'ACTU.

Arrivé en tête des élections législatives dimanche 7 juillet, le Nouveau front populaire propose dans son programme une augmentation du SMIC à 1 600 euros net. Une mesure phare que la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier défendait, par exemple, sur BFM TV début juillet : « Les mesures de progrès social, au début, ça fait peur à tout le monde et ce n'est pas consensuel. » Ajoutant que personne ne remettrait en cause aujourd'hui les congés payés ou les 40 h. Et de mobiliser les exemples allemands et espagnols pour montrer que les hausses récentes du SMIC dans les pays limitrophes n’ont pas fait augmenter le chômage.

Pour Gabriel Attal, Premier ministre d'Emmanuel Macron, cette mesure pourrait détruire 500 000 emplois, tandis qu'une enquête de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) soulignait fin juin l'inquiétude des chefs d'entreprises. Et estimait : « Plus d’un entrepreneur sur dix (14%) n’auraient d’autre choix que de cesser leur activité tandis que près de trois sur dix (27%) licencieraient une partie de leur personnel pour sauver leur entreprise. (...) Seul un dirigeant sur dix (10%) serait en capacité d’absorber ce surcoût dans ses marges. »

L'ARCHIVE.

« L'entreprise est devenue maintenant le support de la nation, encore faut-il qu'elle vive et qu'elle ait des débouchés. » Été 1981 : François Mitterrand vient d'être élu président de la République. Parmi ses promesses de campagne, la revalorisation du salaire minimal. Comme aujourd'hui, les petits patrons se montraient inquiets, les employés ravis. Exemple dans ce reportage d'Antenne 2 au cœur d'une petite entreprise de textile.

« Sur le plan personnel, je suis excessivement inquiet. Que je dorme mal, ça m'est arrivé. Car les responsabilités à la tête d'une affaire ne manquent pas », témoignait André Mignonat, à la tête de Tricots Francil. Et de se rassurer : « Je crois que nous, les créateurs d'entreprises qui avons lutté (...), nous avons la chance de faire partie d'une génération qui a toujours connu la difficulté, alors nous sommes habitués à la difficulté. » Sur les 120 personnes de son entreprise, 76 étaient payés sous les 2 800 francs et seraient donc concernés par une augmentation des bas salaires. Pour ce patron, cela représentait une augmentation trop forte de la masse salariale.

Revalorisation des salaires : une priorité pour les employés

D'autant qu'il ne se voyait pas augmenter les uns sans augmenter les autres. « Comment je pourrais augmenter la moitié ou les deux tiers de mon personnel (...) et ne pas augmenter les contremaitres, les cadres, qui s'étonneront de ne pas avoir une part eux aussi. La vie chère augmente pour eux de la même façon. » Il proposait donc que l'État apporte une aide aux entreprises le nécessitant en attendant la relance espérée avec l'augmentation des salaires.

Les employées de l'entreprise d'André Mignonat se montraient moins frileuses. Pour elles, au contraire, cette part du programme de François Mitterrand était « priorité ».

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