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Philippe Noiret : "Moi, je n'ai jamais trouvé le temps long"

Philippe Noiret : "Moi, je n'ai jamais trouvé le temps long"

Il y a 15 ans, le 23 novembre 2006 disparaissait Philippe Noiret. Deux fois césarisé comme meilleur acteur, il était considéré comme l'un des grands acteurs du cinéma français. Connaissait-il l'angoisse du vide ? Comment envisageait-il sa carrière ? En 1977, il se confiait sur sa vision du métier d'acteur.

 

Par Florence Dartois - Publié le 29.09.2020 - Mis à jour le 22.11.2021
 

Il y a 15 ans, le 23 novembre 2006 disparaissait Philippe Noiret. Acteur reconnu, il a reçu deux César au cours de sa carrière, celui du meilleur acteur, en 1976 pour Le Vieux fusil et en 1990, pour La Vie et rien d'autre. Le 12 septembre 1977 dans l'émission "Pour le cinéma", il acceptait d'évoquer l'angoisse souvent inhérente à sa profession. Celle liée à l'attente du succès, à son absence ou à sa disparition.

Pas de traversée du désert pour Philippe Noiret, ni même de crainte de quitter les écrans, comme il l'expliquait : "L'angoisse n'est pas à ce niveau-là, je parle pour moi, l'angoisse c'est de faire un métier qui est indéfinissable. L'angoisse, elle est au niveau de faire ce métier du mieux possible". Un perfectionniste donc, qui ajoutait : "Elle est au niveau du choix des films qu'on fait. L'angoisse, elle n'est pas sur le succès qui peut disparaître, ou qui tarde à venir. Moi, je n'ai jamais trouvé le temps long." 

L'acteur avouait avoir construit sa carrière patiemment, sans tenir compte des commentaires. Il ajoutait d'ailleurs avec une pointe d'ironie, s'adressant à Pierre Mignot qui l'interrogeait ce jour-là : "Ce sont vos collègues journalistes qui, au fur et à mesure que je gravissais les échelons, disaient : 'ben dites donc, on est bien contents pour vous parce que qu'est-ce que ça a été long, hein !', sous prétexte que j'avais 40, 41 ans ou 35 ou 45 maintenant."

Le culte de la lenteur

Philippe Noiret poursuivait en énumérant les étapes de sa construction artistique, lente mais solide : "J'ai travaillé 10 ans au théâtre populaire ou autre. J'ai fait du cinéma. J'ai fait 60 films. Peut-être 10 de très intéressants. Peut-être 30 d'honnêtes, et peut-être 30 autres pour nourrir ma famille. Et je n'ai jamais trouvé le temps long. Je ne me suis jamais ennuyé. Et je n'ai jamais trépigné d'impatience."

Philippe Noiret insistait sur son obsession : "Mon angoisse, elle n'est pas du tout de voir le succès disparaître, si succès il y a. Elle est encore une fois de ne pas me tromper, d'essayer d'équilibrer ma carrière avec le goût du confort que j'ai."  Son luxe, à 45 ans, c'était de pouvoir choisir ses films, sans s'inquiéter d'un échec, et de s'autoriser des choix plus audacieux : "Plus ambitieux peut-être, ou tout du moins, qui sortent un peu du courant habituel de la production française."

A sa mort, Philippe Noiret avait tourné 130 films et construit sa carrière aux côtés des meilleurs réalisateurs de son époque.  L'acteur discret à la voix de stentor s'éteignait le 23 novembre 2006, à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer.

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