3 avril 1942. En pleine Seconde Guerre mondiale, Paul Eluard publie dans la clandestinité un recueil de poésie fortement imprégné de l'esprit de résistance, Poésie et vérité. Le premier poème de ce recueil s'intitule Liberté, j'écris ton nom. En écho à l'appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle, ce texte tente de redonner espoir et confiance en dépit de l'occupation allemande et du climat de terreur qui règne alors dans une France occupée et divisée.
Le poème a rapidement été traduit et diffusé à travers toute l'Europe, sous le manteau, par radio, voire par parachutage. Si bien qu'à la fin de la guerre, les résistants le connaissaient par coeur. L'effet de persuasion est basé sur l'utilisation de l'anaphore «J'écris ton nom » reprise sur 19 quatrains.
Nous vous proposons de retrouver ce poème dans l'archive en tête d'article. Il s'agit d'un extrait du magazine « Aujourd'hui madame », du 7 octobre 1977, consacré au comédien Jean-Louis Barrault. En fin d'émission, il acceptait de réciter le poème de Paul Eluard.
Ce texte appris dans les classes durant de longues années résonne toujours lorsque la guerre gronde.
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom...