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1972 : un pansement de peau de porc pour soigner les grands brûlés

1972 : un pansement de peau de porc pour soigner les grands brûlés

Aux Etats-Unis, des chercheurs ont réalisé une première médicale : greffer un cœur de porc transgénique chez un humain. Le cochon est un animal très proche de l’homme et la médecine l'utilise depuis plusieurs décennies, notamment pour des greffes de peau. En 1972, une nouvelle technique à base de peau de porc était testée à l'hôpital Boucicaut.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 13.01.2022
 

Un homme vit avec un cœur de porc génétiquement modifié. Le 7 janvier, cet Américain de 57 ans a reçu une xénogreffe, une transplantation d'un organe ou d'un greffon d'un animal vers l'homme. Les progrès des techniques d’édition du génome ont permis cette première greffe d’un cœur de porc transgénique chez un humain. Cette première mondiale a été annoncée le 10 janvier par une équipe de l’université du Maryland (Etats-Unis). Le patient n’était pas éligible à une greffe classique ni à la transplantation d’un cœur artificiel, il a donc reçu un cœur porcin modifié génétiquement pour devenir compatible avec le donneur. L’université américaine du Maryland a précisé que ce « UHeart » avait été modifié au niveau de trois gènes « responsables du rejet rapide des organes de porc par les humains ».

L'homme et le porc ont des patrimoines génétiques proches. Cette proximité était connue dès les années 1970 et était déjà utilisée pour d’autres types de greffes par le passé. L’archive présentée en tête d’article date de 1972. A l’époque, à l’hôpital Boucicaut, la peau d’un cochon avait été choisie pour soigner un grand brûlé. Il s’agissait d’une technique nouvelle venue des Etats-Unis, les prémices des futures greffes, son nom : « Le pansement de peau de porc fraîche. »

Le reportage décrivait les différentes étapes de cette technique : le port était d’abord lavé, avant d’être tondu. Après un dernier test microbien, les chirurgiens prélevaient « des lambeaux de peau, qui placés à l’endroit de la brûlure du malade serviront, dans un premier temps, de pansement provisoire ». Le commentaire précisait que le cochon avait été choisi pour ce sauvetage « car sa peau est presque semblable à celle de l’homme sur le plan biologique ».

Peau à peau

Les images montraient ensuite la pause des fragments de peau déposés sur le patient et maintenus par des sortes de mi-bas en résille. Lorsque la peau commençait à cicatriser, il était temps de retirer les pansements de porc pour greffer cette fois de la peau « provenant de parties encore indemnes du patient ». Grâce à ce procédé, la peau cicatrisait plus vite.

Un chirurgien interrogé décrivait les avantages de cette technique : « La peau de porc bouche cette surface affectée et permet de tester la prise des greffes futures », le spécialiste souhaitait que cette technique se développe, à l’instar des Etats-Unis, où une banque de peau de porc s’était ouverte en Arizona. Il espérait qu’une telle banque puisse ouvrir à Paris avec de la « peau de porc lyophilisée, peau de porc congelée, d’utilisation extrêmement aisée ».

Le cœur de porc transgénique greffé chez un humain représente l'aboutissement d’années de recherches. Nous vous proposons ci-dessous de découvrir quelques innovations médicales liées au porc.

Depuis les années 1970, le porc au cœur du monde médical

En 1979, à l’occasion des Journée de la cardiologie à Arles, présentation d'une valve de conception française, prélevée dans un cœur de porc montée sur un anneau.

Journée de la cardiologie à Arles
1979 - 02:17 - vidéo

En 1984, aux Etats Unis, un bébé vit depuis 5 jours avec un cœur de babouin.

En Californie aux Etats-Unis, une petite fille atteinte d'une malformation cardiaque a été greffée avec le cœur d'un babouin. Baptisée "Baby Fae", la fillette âgée de 18 jours est dans un état jugé satisfaisant.

Dans le sud de Londres, les chirurgiens de l'hôpital de Dulwich ont mis au point un filtre en tissu de porc anti-rejet.

Nouvelle étape dans la recherche médicale et la transplantation d'organes, les scientifiques ont inséminé une truie après avoir inséré des génomes humains dans les embryons. Ainsi les organes des porcs issus de cette fécondation seront plus proches des organes humains et pourront être transplantés aux malades avec un moindre risque de rejet.

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