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1971 : Greenpeace naît de l'opposition aux essais nucléaires

1971 : Greenpeace naît de l'opposition aux essais nucléaires

Il y a 50 ans, le 15 septembre 1971, un groupe de militants écologistes s'embarquait de Vancouver sur un voilier pour tenter d'empêcher l'essai nucléaire souterrain sur l'île d’Amchitka. Greenpeace était né.

Par Cyrille Beyer - Publié le 15.09.2021
Explosion atomique Amchitka Alaska - 1971 - 02:51 - vidéo
 

"Greenpeace" naît à Vancouver, en 1971. Cette année-là, les Etats-Unis s’apprêtent à effectuer un nouvel essai nucléaire souterrain sur l’île d’Amchitka, dans l’archipel des Aléoutiennes, un chapelet d’îles qui s’étire en longueur au large de l’Alaska. Le territoire a déjà été utilisé à ces fins à deux reprises, en 1965 et en 1969, après une série d’essais souterrains menés dans les années 1950 dans le désert du Nevada.

Souterrains, depuis que le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, signé le 5 août 1963 à Moscou entre le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’URSS dans le contexte de la Détente qui suit la crise de Cuba, a proscrit les essais dans l’atmosphère et dans l’eau. La défiance de la communauté internationale vis-à-vis de ce type d’expérimentations découle largement des enseignements de  l’opération Castle, une série de six essais atmosphériques menés en 1954 par les Etats-Unis sur l’atoll de Bikini, qui se révélèrent être extrêmement dommageables pour les populations exposées à la radioactivité.

La solution, donc, pour les Soviétiques, les Américains et les Britanniques, (Français et Chinois, non signataires du traité de 1963, allaient au contraire poursuivre, modérément, les essais atmosphériques) passait désormais par les expérimentations souterraines. Mais même si considérées comme bien moins risquées que celles désormais interdites, ces explosions n’en étaient pas moins critiquées par une part croissante de l’opinion publique.

Mouvement contestataire

C’est dans ce contexte du début des années 1970, marqué par un très fort mouvement contestataire (guerre du Vietnam, lutte pour les droits civiques, essor de l’écologie…), que douze militants pacifistes et écologiques de l’association "Don't Make a Wave Committee" (créée en 1969) s’embarquent le 15 septembre 1971 de Vancouver à bord du Phyllis Cormack et font voile à destination de l’île d’Amchitka. Pour l’occasion, ils rebaptisent leur mouvement "Greenpeace".

Le nom de cette nouvelle association apparaît dans le journal télévisé du 6 novembre 1971, présenté en tête d’article. Le reportage relate les derniers développements de la préparation de l’essai nucléaire souterrain sur l’île. Alors que selon le président de la commission de l’énergie, « toutes les précautions ont été prises », et que les scientifiques  assurent que la puissance de l’explosion, certes « aussi forte que la puissance de toutes les voitures du monde réunies », restera bien en deça de celle d’un tremblement de terre, la Cour suprême américaine autorise finalement l’essai.

Une décision prise malgré l'action de Greenpeace, qui a pu néanmoins retarder l'essai, et en dépit également d'une forte opposition médiatique comprenant « 3 prix Nobel, 8 associations pour la défense de l’environnement, 4  pays étrangers, 34 sénateurs américains et même un conseiller du président Nixon ». Le 6 novembre 1971, l’explosion, d’une puissance d’environ 5 mégatonnes, sera l’essai souterrain le plus puissant de l’histoire américaine.

Même si la mobilisation des militants de "Greenpeace" n’a pas réussi à empêcher l’essai, elle va permettre néanmoins la fin de ces exercices nucléaires sur l'île d'Amchitka. Surtout, cet épisode fondateur va permettre à l'association écologique une  médiatisation qui lui permettra de se développer rapidement à travers le monde en symbolisant jusqu’à aujourd’hui l’un des mouvements civiques les plus actifs pour la défense de l’environnement.

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