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1968, une nuit avec un garde-barrière de la SNCF

1968, une nuit avec un garde-barrière de la SNCF

Le 6 juin, c'est la journée de sensibilisation aux passages à niveau. Autrefois, des hommes et des femmes se relayaient jour et nuit pour ouvrir et fermer les barrières au passage de chaque train. Rencontre avec l'un d'eux la nuit.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.06.2020 - Mis à jour le 04.06.2020

1968, une nuit avec un garde-barrière de la SNCF

Le 6 juin, c'est la journée de sensibilisation aux passages à niveau. Autrefois, des hommes et des femmes se relayaient jour et nuit pour ouvrir et fermer les barrières au passage de chaque train. Rencontre avec l'un d'eux la nuit.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.06.2020 - Mis à jour le 04.06.2020
Passage à niveau de nuit - 1968 - 07:19 - vidéo
 
Passage à niveau de nuit - 1968 - 07:19 - vidéo

Le 1er mai 1968,  le magazine Cinq colonnes à la une dressait le portrait d'un garde-barrière de nuit. A l'époque, les barrières étaient manuelles, et il fallait faire preuve d'une vigilance de tous les instants, même la nuit. Un métier exigeant, entre attente des trains, solitude, lutte contre le sommeil et surtout la fierté de sauver des vies.

La caméra  arrive au moment de la relève avec l'équipe de jour : une dame. Dynamique et pleine d'attention, elle accueille son collègue avec joie. Elle lui a préparé du charbon pour qu'il n'ait pas froid lors de sa longue veille. L'homme au visage jovial est souriant, un béret noir sur la tête, il raconte son quotidien de noctambule.

-      Alors vous faites toujours la nuit ?

-      Toujours la nuit.

-      C'est pas trop dur ?

-      On s'y fait. C'est une question d'adaptation. Les premiers temps c'était assez dur, maintenant je suis rôdé quand même.

-      C'est tranquille la nuit? Comment ça se passe ? Vous commencez à 10h00 ?

-      A partir de 11h00 jusqu'à 1 heure 40. C'est une barrière fermée, je suis obligé de venir ouvrir et fermer, uniquement pour les usagers.

-       Pourquoi c'est comme ça?

-      Alors ça, faut demander à mes chefs parce que je ne sais pas. Après 1h40, c'est le passage ouvert de nouveau jusqu'à 6h00… il y a 2h30 de passage fermé sur 24h00 (…) il n'y a plus de trains de 1h40 à 4h36. Pendant ce temps-là, j'écoute le transistor, je bouquine.

-      Vous avez envie de dormir ?

-      Ça arrive mais il ne faut pas se laisser aller… c'est difficile mais j'ouvre la porte et je vais faire un petit tour dehors cinq minutes… l'hiver… on est plus vite réveillé…

-      Le reporter lui demande : "C'est quand même une drôle de vie ! Ça vous plait d'être là ? "

-      Oui, je suis bien. Je suis bien. C'est dangereux mais on s'y fait. S'il arrive un coup dur, on est là pour y parer.

-      Dangereux pourquoi ?

-      Avec les voitures, les camions, j'ai toujours peur qu'il y en ait un qui casse ses freins. Vous savez ce que c'est. Ça arrive de temps en temps, c'est arrivé deux fois oui... il raconte.

-      Vous vous faites du café la nuit ?

-      Absolument pas, c'est pas bon pour le cœur alors je mets ça de côté. Je mange un fruit, je ne fume pas, je bouquine, et puis j'écoute le transistor.

-      Et si vous avez un malaise ?

-     Je vais fermer les barrières mais si je tombe raide je n'y peux rien...

Cet homme marié et père de quatre enfant rassure le reporter, il dort le jour. Il fait du jardin et "avec les primes de nuit ça va. Je ne me plains pas."


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