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Georges Perec en 1965 : «Tout nous pousse à consommer»

Georges Perec en 1965 : «Tout nous pousse à consommer»

Chaque année, le vendredi suivant la fête américaine de Thanksgiving, a lieu le Black friday. Cet événement commercial où les entreprises effectuent de fortes remises est associé à un grand élan consumériste. Une archive illustre de façon poétique cette surconsommation des ressources, cette surproduction qui détruit la planète : un document de 1965 dans lequel l'écrivain Georges Perec lit un extrait de son roman «Les Choses». Il y décrit avec lucidité la société de consommation et dénonce le malaise de l'homme face à la société matérialiste.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 27.11.2019 - Mis à jour le 25.11.2022
 

L'ACTU.

Cette année, le Black friday a lieu le 25 novembre, soit le lendemain de la fête américaine de Thanksgiving. Cet événement commercial, qui a pris son essor en France avec Internet, est l'occasion de remises importantes dans les magasins. Si cette journée de soldes permet parfois de préparer les fêtes de fin d'année à moindre coup, elle est aussi l'objet de surconsommation.

L'ARCHIVE.

En 1965, l'écrivain Georges Perec, au travers de son roman Les Choses, décrivait avec lucidité le malaise de l'homme face à la société matérialiste alors en plein essor. Voici un verbatim de son propos que l'on retrouve dans la vidéo en tête de cet article :

« La beauté d'une voiture ou d'un meuble, nous sentons tout de suite qu'elle contient beaucoup plus de choses que la simple beauté. Le monde dans lequel nous vivons, le monde que nous rencontrons chaque fois que nous sortons dans la rue, chaque fois que nous entrons dans les magasins, est un monde riche, fascinant et beau. L'ennui, c'est que nous pouvons voir, mais nous n'avons pas le droit de toucher. Parce qu'en fait nous ne vivons pas dans ces meubles, nous ne conduisons pas ces voitures, nous ne mangeons pas du foie gras et du homard à nos repas, nous ne vivons pas dans des espaces clairs couverts de moquette. Cette différence entre ce que nous nous sommes donné comme rêve et la réalité beaucoup plus mesquine et rétrécie de notre vie, c'est-à-dire nos appartements encombrés, nos vaisselles, nos trajets en métro, cette différence est la base de ce que veut et cherche la publicité. Dans la société qu'on appelle société de consommation, l'essentiel est de consommer, et tout nous pousse à consommer. Mais les déceptions et les frustrations qui accompagnent cette quête du bonheur que nous avons confondu trop tôt avec le confort, avec la richesse, la publicité des étalages, les vitrines, d'une certaine manière nous rendent fous, nous saoulent. Toutes ces choses ne sont là que pour entretenir une espèce de frénésie, de vertige, d'hypnose ».

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