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1965 : Georges Perec et la désillusion face à la société de consommation

1965 : Georges Perec et la désillusion face à la société de consommation

Georges Perec mourait il y a quarante ans, le 3 mars 1982, à l'âge de 45 ans. L'une des archives les plus belles de notre fonds le concernant, c'est c'est cet extrait de 1965 dans lequel l'écrivain lit un extrait de son roman «Les Choses», dans lequel il décrit avec lucidité la société de consommation et dénonce le malaise de l'homme face à la société matérialiste.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 27.11.2019 - Mis à jour le 01.03.2022
 

En 1965, l'écrivain Georges Perec, à travers son roman Les Choses, décrivait avec lucidité le malaise de l'homme face à la société matérialiste alors en plein essor. 

Voici un verbatim de son propos que l'on retrouve dans la vidéo en tête de cet article :

« La beauté d'une voiture ou d'un meuble, nous sentons tout de suite qu'elle contient beaucoup plus de choses que la simple beauté. Le monde dans lequel nous vivons, le monde que nous rencontrons chaque fois que nous sortons dans la rue, chaque fois que nous entrons dans les magasins, est un monde riche, fascinant et beau. L'ennui, c'est que nous pouvons voir, mais nous n'avons pas le droit de toucher. Parce qu'en fait nous ne vivons pas dans ces meubles, nous ne conduisons pas ces voitures, nous ne mangeons pas du foie gras et du homard à nos repas, nous ne vivons pas dans des espaces clairs couverts de moquette. Ce que nous nous sommes donné comme rêve, et la réalité beaucoup plus mesquine et rétrécie de notre vie, c'est-à-dire nos appartements encombrés, nos vaisselles, nos trajets en métro, dans la société qu'on appelle société de consommation, l'essentiel est de consommer, et tout nous pousse à consommer. Mais les déceptions et les frustrations qui accompagnent cette quête du bonheur que nous avons confondue trop tôt avec le confort, avec la richesse, la publicité des étalages, les vitrines, d'une certaine manière nous rendent fous, nous saoulent. Toutes ces choses ne sont là que pour entretenir une espèce de frénésie, de vertige, d'hypnose ».

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