Les 1ères expériences d’apesanteur

Jusqu’à présent, peu d’hommes ont goûté le plaisir de s’affranchir de la gravitation terrestre. Seuls les militaires et les scientifiques avaient accès à cette ivresse.

Dès les années 50, en prévision des voyages spatiaux, les scientifiques se lancent dans l’étude des effets de l’apesanteur sur le corps.  Les 1 ères expériences scientifiques consistent à envoyer des souris hors de l’atmosphère et d’étudier les conséquences physiologiques de l’absence d’apesanteur à leur retour, comme ici en 1956.

Répercussion physiologique de l’apesanteur

Très vite, les chercheurs constatent que l’absence de gravitation déstabilise  le fonctionnement de l’organisme. Elle représente un obstacle majeur aux futurs séjours dans l’espace. Plusieurs expérimentations vont être réalisées pour tenter de limiter la décalcification et les problèmes sanguins liés à l’absence de gravité.

En 1966, l’armée de l’air lance une expérimentation sur 4 volontaires, enfermés pour observation dans une cabine pressurisée et immergés dans un bassin.

A la fin des années 80, la mise en orbite de la station spatiale Mir remet en lumière les effets nocifs de l’apesanteur sur la santé des spationautes amenés à séjourner plusieurs mois dans l’espace. Jean-Loup Chrétien est le premier français à séjourner dans la station Mir.

Des tests très ambitieux sont mis en place. En 1988, le CNES immobilise 6 plongeurs de la Comex durant plusieurs mois avec interdiction de se lever ou de marcher. L’objectif est de trouver des solutions pour relancer la circulation sanguine dans les jambes.

Expériences en apesanteur

Les spationautes envoyés dans la station orbitale doivent réaliser de nombreuses d’expériences scientifiques. Il est important de préparer ces expérimentations en amont et de répéter les gestes des manœuvres à effectuer en orbite. Les agences spatiales ont deux contraintes à respecter : recréer les conditions de l’apesanteur sur Terre, à moindre coût.

C’est dans cette optique qu'est construit un avion dit « parabolique ». La Caravelle 0G, la première à reproduire la micro-gravité dès la fin des années 80.

Son principe est simple : lorsque l’avion atteint 800 kms/h, il entame un angle de 45° et les gazs sont coupés. Cette inertie momentanée crée un effet d’apesanteur durant quelques secondes.

Du rêve à la réalité

Pendant plusieurs années, seuls certains militaires, pilotes et chercheurs ont bénéficié de cette technologie, comme  le montre ce test réalisé par l'Université de Bordeaux II en 1993.

 

A partir du 15 mars 2013, flotter dans les airs comme un spationaute devient  possible pour le grand public. Le CNES et sa filiale Novespace annoncent la commercialisation de vols en apesanteur.

 Les premiers passagers prendront place à bord de l'Airbus A 300 Zéro-G spécialement aménagé pour réaliser l’effet «parabole».

Malgré un prix assez onéreux (6000 euros pour 2h30 de vol dont 5 minutes en apesanteur) tous les vols prévus pour 2013 et 2014 affichent complets.

Le rêve imaginé par Roger Pierre et Jean-Marc Thibault en 1957 devient enfin une réalité.

Pour aller plus loin : l'apesanteur à la radio

Rédaction Ina le 27/02/2013 à 17:32. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 11:50.
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