Quelles sont les langues qui ont influencé le français ? Ta langue en dit long, une coproduction TV5 Monde et Ina, vous raconte l'histoire des mots. Dans cet épisode, nous nous intéressons aux origines arabes et grecques de nombreux mots scientifiques et mathématiques de notre vocabulaire.

Le calcul vous donne des maux de tête ? Dites merci aux Arabes !
Au Moyen Age, ce sont eux qui ont nous transmis le savoir mathématique hérité des Grecs anciens. Voilà pourquoi nous parlons de chiffres arabes pour nommer les nombres de zéro à 9. Le mot chiffre descend lui-même de sifr, صفر, vide en arabe. Qui a également donné notre zéro.

Autre notion héritée des Arabes, l’algèbre. Le mot al jabr الجبر signifie à la fois réduction et résolution.

Deux hommes ont joué un grand rôle dans cette opération. D’abord, le mathématicien Huwarizmi, ainsi nommé car il venait du Hwarizm, une région située au sud de la mer d’Aral. Son nom peu à peu transformé a donné algorythme en français, khawarizimia  خوارزمية en arabe.

L’autre homme est l’italien Leonardo Fibonacci. Après avoir étudié auprès de professeurs musulmans, il publia en 1202 un traité de calcul en latin, le « Liber Abaci ». Fibonacci décrivit aussi les suites fractales qui portent son nom.

Les savants arabes ont découvert ou perfectionné de nombreux dispositifs scientifiques. Par exemple, l’alambic, tiré de l’arabe al imbiq الإمبيق . Il est lui-même emprunté au grec ancien âmvix άμβυξ (vase). L’alambic désigne un appareil à distiller. Mettons… un élixir, de l’arabe al iksir أل إكسير . Ou bien de l’alcool, de l’arabe al kuhl,  الكحل , le khôl, un produit autrefois utilisé pour soigner les yeux.

On reconnaît là le travail des alchimistes ! Eh oui, car les Arabes, en s’installant en Egypte, adoptèrent la tradition alchimique de ses habitants. Alchimie vient de l’arabe al khimiya الخيمياء , tiré du grec khemia χημεία, mot à double sens désignant à la fois la magie noire et le peuple égyptien, réputé sorcier.

Le royaume musulman d’al Andalous, l’Andalousie, joua un rôle déterminant dans la transmission du savoir. Mais en 1492, sa conquête par les rois catholiques provoqua le départ des savants. Certains se réfugièrent à Bejaïa. Ce port d’Afrique du Nord fournissait alors des chandelles d’une qualité exceptionnelle. Bejaia, en français, se disait Bougie. Voilà pourquoi on appela ses chandelles, bougies. La Ville Lumière à l’époque, ça n’est pas encore Paris : c’est Bejaïa !

Alors je récapitule. Les bougies, l’alambic, les algorythmes et même le zéro témoignent d’un temps pas si lointain où les cours de maths se donnaient en arabe.

Décidément, ta langue en dit long !

Rédaction Ina le 27/07/2020 à 15:11. Dernière mise à jour le 27/07/2020 à 15:13.
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