Dans un pays ruiné par plus de dix ans de guerre, Bachar el-Assad, 55 ans, a été réélu pour un quatrième mandat présidentiel avec 95,1% des voix. Un résultat sans surprise qui confirme l'emprise d'un dictateur pourtant arrivé au pouvoir par accident, en 2000.

Un peu plus de dix ans après le début d'un conflit qui a fait plus de 388 000 morts, le président syrien Bachar el-Assad a été réélu pour un quatrième mandat avec 95,1% des voix lors d'un scrutin tenu dans les zones contrôlées par les forces gouvernementales. La Russie, principale alliée politique et militaire d'Assad, l'a félicité, en déclarant cette « victoire convaincante » comme un « pas important pour renforcer la stabilité » du pays. Ce nouveau mandat illustre l'emprise de Bachar el-Assad sur son pays, plus de vingt ans après son accession au pouvoir, le 10 juillet 2000.

Le 10 juin de cette année-là, son père, le président Hafez el-Assad, auteur d'un coup d'état en 1970, meurt dans l'exercice de ses fonctions, après trente ans de pouvoir sans partage sur la Syrie. Toutes ces années, il avait mis en avant son fils aîné et favori, Bassel, destiné à lui succéder. Bachar, quant à lui, peu intéressé par la politique, s'était tourné vers la médecine et l'ophtalmologie, entreprenant en ce sens des études à l'université de Damas à partir de 1982, puis s'installant à Londres en 1992 pour parfaire sa spécialisation. 

Mais en 1994, Bassel al-Assad meurt dans un accident de voiture, près de Damas. Bachar est alors contacté par son père qui lui demande de revenir en Syrie afin de se préparer, un jour, à lui succéder. Abandonnant sa carrière de médecin, Bachar intègre l'académie militaire de Homs, et en sort avec le grade de colonel en 1999. 

Pas l'unanimité

Le 11 juin 2000, au lendemain de la mort de Hafez al-Assad, France 2 consacre un portrait à Bachar, « jeune médecin de 34 ans », insistant sur les difficultés qui se dressent face à son autorité : « Les habits du père ne sont-il pas trop grands pour le fils ? » s'interroge le journaliste Benoît Duquesne. Car le jeune Bachar ne fait alors pas l'unanimité au sein de sa propre famille et de son clan des Alaouites, une minorité chiite qui représente à peine 10% de la population du pays.

Cette dernière semble lui préférer alors son oncle, Rifaat al-Assad, forte personnalité qui a organisé un coup d'état contre Hafez en 1983, et qui paraît alors aux yeux de beaucoup de soutiens du régime comme l'homme fort dont la Syrie a besoin : « C'est lui qui a réprimé très fort Hama en 1982, c'est lui qui a réprimé très fort les Frères musulmans, et donc c'est à lui que la confiance des Alaouites revient et pas à son neveu Bachar, qui semble frêle pour porter sur ses épaules tous les problèmes de la Syrie », explique ainsi Antoine Basbous, auteur de L'islamisme, une révolution avortée.

Pour aller plus loin : 

Pour les créateurs de contenus numériques, mediaclip a sélectionné cette vidéo : Présence de Bachar el Assad au défilé du 14 juillet

Rédaction Ina le 28/05/2021 à 14:26. Dernière mise à jour le 28/05/2021 à 17:06.
Histoire et conflits