Des révoltés épris de liberté

« Sexe, drogue et rock'n roll ». Aujourd'hui vieil adage, cette phrase a fait figure de citation révolutionnaire, il y a tout juste quarante ans, lors du Summer of Love. Eté 1967 : quelque part en Californie émerge un mouvement qui va marquer toute une génération. Cette jeunesse anticonformiste se fait appeler « hippie ».
Son modèle : les beatniks. Intellectuels individualistes, ils sont les premiers à contester la société matérialiste. Ils apparaissent dans les années 50, après que les écrivains Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg aient fondé la Beat generation.
Les hippies s'inspirent alors de leur refus de suivre la voix dictée par les valeurs de l'Amérique de l'époque (trouver un travail, fonder une famille et acheter une maison en banlieue). Ils s'affirment comme des marginaux, des contestataires qui prônent la vie en communauté, recherchent la spiritualité et l'abolition de toutes contraintes, par le biais notamment des drogues.

La drogue en plein jour

LSD et marijuana : un cocktail détonnant qui permet l'évasion de l'esprit. Malgré cinq ans de prison sans jugement pour possession de l'une ou l'autre substance, ces nouveaux révoltés fument et se droguent dans la rue. Par provocation. Mais aussi peut-être par esthétisme ?
Le LSD est en effet à l'origine du genre psychédélique : il s'agit d'« une explosion mentale qui modifie la vision du monde » définissent ces usagers. Figures déformées, palettes multicolores : cette esthétique très en vogue reprend la perception du monde qu'on en a après la consommation d'acide.

Les premiers festivals

Autre élément fondateur de ce mouvement : la musique. Elle joue de sa diversité, de sa volonté d'ouverture aux différentes cultures et de son affranchissement des règles en vigueur. Les hippies créent les premiers festivals pop-rock, avec des rendez-vous à Monterey, à Woodstock ou encore sur l'Ile de Wight. Leur musique puise son inspiration dans la country ( Bob Dylan) ou le blues (Janis Joplin) mais peut aussi venir de beaucoup plus loin et plébisciter les compositions de Ravi Shankar, joueur de sitar indien.
Car la culture hippie c'est aussi l'ouverture à d'autres mondes, notamment indien. Beaucoup de jeunes se tournent alors de plus en plus vers le bouddhisme ou l'indouisme et la récitation de prières indiennes à longueur de journée s'est parfaitement intégrée aux rituels hippies.

Des fleurs, l'amour, la paix

Mais la véritable « religion » de cette communauté de jeunes gens tourne autour de la célèbre expression « peace and love », c'est-à-dire « paix et amour ». Symbole de pacifisme, elle reflète les idéaux anti-guerre de ces adeptes. Particulièrement hostiles à la guerre du Vietnam, ils n'ont de cesse de dénoncer, lors de sit-in, les travers militaires du gouvernement américain, mais aussi toute forme de discrimination, raciale ou sexuelle.
Un autre de leur slogan emblématique a traversé les décennies : « Flower power ». L'image de la fleur représente une idéologie non-violente. Terme attribué au poète Allen Ginsberg, il a été réutilisé à maintes reprises pour illustrer la perception hédoniste de la vie des hippies. D'ailleurs, même si le mouvement s'est complètement éteint à partir de la fin des années 70, il a révolutionné les arts et a ouvert la voie à l'écologie, la libération sexuelle, le féminisme… Marginalisée, décriée, la génération hippie aura finalement essayé de trouver une alternative à des problèmes encore délicats aujourd'hui.

Rédaction Ina le 21/07/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 09:25.
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