Salvador Dalì

Redaction Ina le 16/01/2009 à 00:00. Dernière mise à jour le 11/04/2017 à 11:36.
Beaux Arts
Salvador Dali

Moustaches emblématiques, apparitions loufoques, œuvre révolutionnaire : Salvador Dalì est bien plus qu'un artiste complet. Il est un personnage à lui tout seul ! Biographie et vidéos du maître surréaliste, à l’occasion de la journée mondiale de l’art.

Signé Dalì

Moustaches emblématiques, apparitions loufoques, œuvre révolutionnaire : Salvador Dalì est bien plus qu'un artiste complet. Il est un personnage à lui tout seul ! Biographie et vidéos du maître surréaliste.
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L'expérience surréaliste

Toute sa vie, Salvador Dalì aura été un personnage à lui tout seul ! Né le 11 mai 1904 en Catalogne, ses parents lui donnent le nom de son frère aîné, décédé un an auparavant. Un événement qui pourrait expliquer sa mégalomanie légendaire… Le jeune Salvador commence à dessiner très tôt : à sept ans, il peint son premier tableau. Il s'essaie à tous les styles. Il entre à l'école des Beaux-Arts de Madrid, mais son expérience s'envole avec la rencontre, en 1928, d'André Breton et du groupe des surréalistes : Tristan Tzara, Louis Aragon, Paul Eluard… et sa femme : Gala. L'apparition de celle-ci est une révélation pour Dalì : les deux ne se quitteront plus.

Fascination pour la psychanalyse

Auprès des surréalistes, Salvador Dalì développe son exploration de l'inconscient, comme par exemple, avec les montres molles de « Persistance de la mémoire ». Il élabore aussi sa « méthode paranoïaque-critique », d'« objectivation des phénomènes délirants », c'est-à-dire, essentiellement des univers érotiques intrigants qui chamboulent le monde de l'art. Dalì nourrit son inspiration dans ses psychoses et peint ses obsessions les plus enfouies : « Durant la période surréaliste, j'ai voulu créer l'iconographie du monde intérieur, le monde merveilleux de mon père Freud et j'y suis arrivé », affirmera-t-il quelques années plus tard. Mais en 1938, Dalì est exclu du groupe avant-gardiste pour « actes contre-révolutionnaires », une attitude confirmée par son approbation passive du franquisme. Le peintre choisit alors de s'exiler aux États-Unis. Il y restera neuf ans et son œuvre y rencontrera un immense succès commercial. Il retourne définitivement en Espagne en 1949. Il peint de grands tableaux aux prétentions classiques (comme le « Christ de saint Jean-de-la-Croix »), pratique l'assemblage, peint des oursins. Son œuvre est de plus en plus marquée par le mysticisme mais s'enrichit aussi d'expériences diverses.

Du cinéma à la mode : la touche de folie Dali

Certes Dali est avant tout un peintre. Mais il ne se contente jamais des limites de sa toile qui, pour lui, enferment l'expression artistique. Il participe à la réalisation de plusieurs films, dont « La Maison du docteur Edwardes » d'Hitchcock. Il imagine des costumes de théâtre, se fait un nom dans la mode et le design (il ira jusqu'à créer la toile Daligram, une déclinaison de la célèbre toile monogramme de Vuitton). Le génie de Dali s'intéresse aussi à la photographie et à la science. Mais surtout, il transforme ses premières images peintes en sculptures : il s'agit alors de les matérialiser, de concrétiser ses pensées et d'immerger complètement le spectateur dans l'imaginaire de l'artiste.

Le mou, le dur. Les thèmes daliniens.

Pour cela, Dalì va utiliser des thèmes récurrents d'une œuvre à l'autre. Si la forme diffère, le fond subsiste. Par exemple, omniprésente dans son oeuvre de maturité, la représentation du « dur » et du « mou ». Quand il sculpte, il travaille souvent en commençant par une pâte molle, faite d'argile, de cire, à laquelle il donne la forme qu'il souhaite. Puis il moule cette forme, pour lui donner la dureté que lui confère, après avoir été coulée, une matière telle que le bronze. De même, le rêve et l' imaginaire, Dalì pensant que le rêve est la seule et unique expression véritable et significative de sa personnalité. Avec la religion et la mythologie, Dalì considère que l'inconscient individuel se reflète dans les mythes et inversement les mythes dans l'individu… Enfin, la sensualité et la féminité témoignent des anxiétés sexuelles de l'artiste, de ses obsessions dans son rapport aux femmes… L'homme le plus original de son époque est aussi un provocateur. Chaque apparition est un véritable happening. Même plus de 20 ans après son décès (il disparaît le 23 janvier 1989 d'une défaillance cardiaque), adulation et critique se mêlent à l'évocation de son nom, de son œuvre.