Roland Dumas

Roland Dumas fête ses 90 ans. Avocat, il entame en parallèle une carrière politique. Député dès 1956, il est nommé plusieurs fois ministre au cours des deux septennats de François Mitterrand. Il termine sa carrière comme président du Conseil Constitutionnel. Rétrospective de sa carrière en images.

 La résistance

Roland Dumas est né le 23 août 1922 à Limoges. Son père, Georges Dumas, socialiste et fonctionnaire à la mairie de Limoges, est arrêté par la Gestapo en 1944. Il est rapidement fusillé avec d’autres résistants pour avoir noyauté les administrations publiques.
Comme son père il s’engage dans la résistance. Il alimente le maquis grenoblois en armes. Arrêté par la police française en 1942 et interné pour motif politique au Fort Barraux, il parvient à s’évader.
A la fin de la guerre, Roland Dumas est décoré de la Croix de guerre et de celle du combattant volontaire.

 L’avocat

Après des études de Droit, le jeune homme s’inscrit au barreau en 1950 et plaidera notamment aux côté de Robert Badinter. En 1959, il est chargé de défendre François Mitterrand dans l’affaire de l’Observatoire. A partir de cette date, ils se lient d’une amitié indéfectible.
Parmi ses clients célèbres, il défend François Jeanson, organisateur du réseau éponyme, qui finançait le FLN pendant la guerre d’Algérie. Il sera aussi l’avocat de Jean Genet, Marc Chagall, Georges Braque mais aussi de Jacques Lacan ou de Mouammar Kadhafi.
De 1970 à 1983 il est le défenseur du journal « Le Canard enchaîné ».

 L’homme politique

En parallèle à sa carrière d’avocat il se lance en politique. Il est député UDSR de la Haute-Vienne en 1956, député FGDS de la Corrèze en 1967 et député PS de la Dordogne de 1981 à 1993.
Lorsque François Mitterrand accède à la présidence de la République, il fait appel à Roland Dumas de manière officieuse. En 1983, il l’envoie notamment auprès de Kadhafi pour le dissuader d’envahir le Tchad.
En décembre 1983, il est nommé ministre des Affaires européennes et porte-parole du gouvernement. Un an plus tard, le chef de l’Etat lui confie le poste de ministre des Relations extérieures, il s’engagera dans la tentative de résolution du conflit israëlo-palestinien.
En tant que ministre des Affaires étrangères, il signe l’Acte Unique Européen le 17 février 1986.
Il retrouve le Quai d’Orsay de 1988 à 1993.
En 1995, deux mois avant la fin de son second septennat, François Mitterrand lui confie le poste de Président de Conseil constitutionnel. Il restera à sa tête jusqu’en 2000, date de sa démission contrainte.

 Les affaires judiciaires et médiatiques

Sa fin de carrière est entachée par plusieurs affaires retentissantes. Celle d’Elf et des frégates de Taïwan. Condamné en première instance, il obtient la relaxe complète en 2003.
Il est également poursuivi et condamné pour complicité d’abus de confiance dans la succession du sculpteur Giacometti, dont il était l’exécuteur testamentaire.
Ces dernières années, Roland Dumas a provoqué plusieurs polémiques médiatiques.
En 2006, il soutient l’humoriste Dieudonné, condamné pour propos antisémites.
En 2010, il se rend en Côte d’Ivoire, aux côtés de Jacques Vergès, en soutien au président sortant Laurent Gbagbo qui conteste la victoire d’Alassane Ouattara.
Ina.fr vous propose de revenir en images sur les événements marquants de la longue carrière de Roland Dumas.

Rédaction Ina le 16/08/2012 à 14:38. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 09:54.
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