Le 22 août 1958 disparaissait l'écrivain Roger Martin du Gard. Celui qui consacra sa vie à l'écriture reste connu pour une fresque de 2500 pages intitulée Les Thibault. Elle lui valut d'ailleurs le prix Nobel de littérature en 1937, alors qu'elle était encore inachevée. Une œuvre qui marqua plusieurs générations.

Simone Signoret : "Ça a été un déclic formidable dans ma façon de penser, de voir les choses…"

En 1966, Simone Signoret évoquait cette saga qui bouleversa et conditionna toute sa vie : "Ça a été un déclic formidable dans ma façon de penser, de voir les choses… Celui-là, je l'ai relu tous les cinq ans. Je ne me force pas, tous les cinq ans je me refais tous les Thibault complètement… A chaque nouvelle relecture, je redécouvre des choses que je n'avais pas découvertes avant… Je le dévorais sur le pupitre, je continuais pendant les cours. Je le dévorais comme certains dévorent des films policiers."

Les Thibault, l'oeuvre d'une vie

C'est après la Première Guerre mondiale que Roger Martin du Gard conçoit son projet de roman-fleuve qu'il pense intituler "Deux frères". Son travail d'écriture va s'étaler entre 1920 et 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue.

C'est finalement sous le titre Les Thibault que cette saga en huit volumes sortira. Son récit est parsemé de nombreux souvenirs d'enfance, notamment sur la période 1890-1895, lorsqu'il habitait à Maisons-Laffitte au numéro 26 de l'avenue Albine. À travers l'histoire de Jacques et Antoine Thibault, le romancier dresse le portrait de la bourgeoisie parisienne, catholique ou protestante, universitaire, mais aussi en révolte (comme il le fut sans doute lui-même) dans le cas de Jacques Thibault, apprenti écrivain qui découvre le socialisme. Les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l'accent sur la Première Guerre mondiale. L'Été 1914 décrit la marche inéluctable vers la guerre. Épilogue évoque le retour à la paix et interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la Société des Nations. 

1973 : l'adaptation télévisée des Thibault

Retrouvez le feuilleton culte des années 70 qui passionna les téléspectateurs. Une adaptation en six épisodes d'une heure et demie par Louis Guilloux de la suite romanesque éponyme de Roger Martin du Gard. Cette saga familiale doublée d'une magnifique histoire d'amour a valu à son auteur d'être lauréat du prix Nobel de littérature en 1937.

1937 : le prix Nobel de littérature      

C'est le 11 novembre 1937, juste après la publication de L'Été 1914, que Roger Martin du Gard se voit attribuer le prix Nobel de littérature.

Voici son discours de remise du prix Nobel de littérature, enregistré en 1937 devant l'Académie suédoise, qu'il remercie avec humour. Après avoir expliqué qu'il ne lui est pas coutumier de parler en public ; il présente le thème et les personnages puis lit des extraits de Jean Barois. (Audio, Premium)

Le roman inachevé

De 1941 à sa mort, il travaille à un roman qui restera inachevé. Les souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort. Il confiera à André Gide, son ami, qu'il lui aurait fallu encore dix ans de plus pour le terminer.

En 1949, André Gide revenait sur la relation amicale soutenue avec Roger Martin du Gard : "C'est par nos différences même que nous nous éduquions et que nous nous instruisions l'un l'autre." (Entretien avec André Gide, Jean Amrouche, audio, 1949)

Une édition procurée par André Daspre sera publiée en 1983 sous le titre Le lieutenant-colonel de Maumort.

En 1968, Jacques Floran s'entretient avec Gaëtan Picon détenteur d'un manuscrit de 2000 pages inédites du roman inachevé Mémoires du colonel de Maumort. (Audio, Premium) 

Pour aller plus loin

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Belles lettres : hommage à Roger Martin du Gard, avec la participation de Albert Camus, André Brincourt et Jean-Jacques Thierry. (Audio, avril 1956) 

En 2003, Jean-Daniel Verhaeghe adapte la fresque de 2500 pages. A l'occasion de sa diffusion sur France 2 du téléfilm Les Thibault,  l'équipe du film, Malik Zidi et Jean-Pierre Lioret évoquent leurs personnages. C'est le dernier rôle de Jean Yanne.

En 1987, la ville de Bellême consacrait une exposition à l'écrivain. Portrait de l'auteur. (Vidéo, 1987)

Rédaction Ina le 20/08/2018 à 14:47. Dernière mise à jour le 20/08/2018 à 15:30.
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