Porte-drapeau de l'humour second degré, prince de l'envolée adverbiale, Pierre Desproges compte parmi les troublions français les plus doués, toutes générations confondues. Il nous quittait le 18 avril 1988. Plongeon en vidéos dans l'univers cynico-sarcastique du maître des mots...

Avant de devenir le génie de l'insolence littéraire que l'on connaît, Pierre Desproges enchaîne les expériences professionnelles : vendeur d'assurance vie, directeur commercial d'une société et même pronostiqueur. Ce n'est qu'en intégrant le journal L'Aurore qu'il révèle ses aptitudes journalistiques. Apprécié pour ses brèves à l'humour corrosif, il devient rédacteur d'une rubrique d'actualités décalée. Le succès est en marche puisque, remarqué par ses pairs, il intègre la troupe de Jacques Martin et du Petit Rapporteur sur TF1. Ses interventions cyniques aux côtés de Daniel Prévost comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'humour noir télévisuel. Mais son tempérament fait grincer des dents et ses mots heurtent ! De plus en plus coupé au montage, Pierre Desproges claque la porte des plateaux cathodiques.

Un humour médiatique

Avant de devenir le génie de l'insolence littéraire que l'on connaît, Pierre Desproges enchaîne les expériences professionnelles : vendeur d'assurance vie, directeur commercial d'une société et même pronostiqueur. Ce n'est qu'en intégrant le journal L'Aurore qu'il révèle ses aptitudes journalistiques. Apprécié pour ses brèves à l'humour corrosif, il devient rédacteur d'une rubrique d'actualités décalée. Le succès est en marche puisque, remarqué par ses pairs, il intègre la troupe de Jacques Martin et du Petit Rapporteur sur TF1. Ses interventions cyniques aux côtés de Daniel Prévost comptent parmi les chefs-d'œuvre de l'humour noir télévisuel. Mais son tempérament fait grincer des dents et ses mots heurtent ! De plus en plus coupé au montage, Pierre Desproges claque la porte des plateaux cathodiques.

Des délires flagrants

Exit la télévision ! Vive la radio et France Inter. De 1980 à 1983, il sévit en tant que procureur du « Tribunal des flagrants délires », une émission satirique, en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses réquisitoires parfois féroces contre les invités commencent invariablement par l'expression culte : « Françaises, Français. Belges, Belges. Mon président-mon chien. Monsieur l'avocat le plus bas d'Inter. Mesdames et messieurs les jurés. Public chéri, mon amour ! » pour se terminer par la sentence : « Donc l'accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi ».

Celui qui rit de tout...

Se définissant comme écriveur plutôt qu'écrivain, Pierre Desproges signe quelques ouvrages : « Manuel du savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis », « Vivons heureux en attendant la mort », entre autres. Et puisque « l'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde », il y formule des réflexions savoureuses et chocs sur l'amour, la mort, la politique ou bien encore la religion sans aucun tabou, aucun !

Lui, qui naît la même année que la Seconde Guerre mondiale, utilise sa verve à des fins antimilitaristes : « Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires » ou anticommunautaristes :« Il y a plus d'humanité dans l'œil d'un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil ».

Et les femmes ? En 1985, il écrit Des femmes qui tombent. Il le présente comme "un long cri d'amour à  150 000 exemplaires". Le sujet du livre, la disparition des femmes, est une métaphore de la fin du monde. 

Même de sa mort

Féru d'écrits, Pierre Desproges se met à la scène sur les conseils de son ami Guy Bedos.

En 1984, il réalise son premier one-man show au théâtre Fontaine, puis l'exporte un peu partout en France. Ainsi, il pérore tout en taquinant son public : « Quand je pense que je gagne en une soirée l'équivalent de trois mois de salaire d'un ouvrier spécialisé alors que tout près d'ici, et en ce moment même, Guy Bedos gagne en une soirée six mois de salaire d'un cadre supérieur ! » Pis, il raille sa propre maladie : « Plus cancéreux que moi, tumeur ! » 

En 1986, l'humoriste est l'invité du journal et répond aux questions de Noël Mamère au sujet de son prochain spectacle au théâtre Grévin. Il explique que son inspiration lui vient en regardant le journal "C'est que "c'est pas drôle" et que "la troisième guerre mondiale on est en plein dedans". Dans ce nouveau spectacle composé de sketchs, il a d'autres "victimes" que son coiffeur qui le "poursuit avec des ciseaux pour" l'"émasculer"; Il explique pourquoi il s'en prend à Sakharov, "une crapule qui a inventé la deuxième partie du programme d'anéantissement total de la planète"...

En 1988, dans l'Assiette anglaise de Bernard Rapp, il revient sur son humour, sa vision de la politique, de l'engagement et évoque ses projets d'écriture.

Mais le crabe a raison de l'artiste qui décède le 18 avril 1988, à l'âge de 48 ans... 

Pour aller plus loin

Plus de documents sur Pierre Desproges

Le Tribunal des Flagrants Délires (collection radio)

Rédaction Ina le 17/04/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 16/04/2018 à 19:12.
Art et Culture Humour