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Le nomade de la lumière

Nicolas de Staël naît le 5 janvier 1914 à Saint-Petersbourg. La Révolution russe de 1917 contraint sa famille à l'exil. Elle se réfugie en Pologne, mais deux ans plus tard, le petit garçon perd ses deux parents. Désormais orphelin et apatride, il est recueilli avec ses deux sœurs par une famille Bruxelloise. En 2003, Anne de Staël évoque l'enfance de son père.

"Peinture fraîche", 2003 (audio)

À l'adolescence, le jeune homme se passionne pour la peinture, ce qui inquiète ses tuteurs qui l'inscrivent dans un cursus d'ingénieur… Mais dès la fin de ses études, Nicolas entame sa formation de peintre.

Biographie réalisée par Laurent Greilsamer, 1998

Dans la deuxième partie des années 30, il parcourt l'Europe et découvre le travail de prestigieux artistes comme Paul Cézanne, Pierre Matisse, Soutine ou encore Georges Braque. Portrait

Refus des étiquettes

Sa carrière picturale débute véritablement au début des années 40. Installé à Nice, il ouvre son premier atelier. L'artiste commence à appeler ses tableaux "compositions", il dessine, peint frénétiquement et détruit autant d'œuvres qu'il en produit. C'est également à cette époque qu'il crée ses premières toiles abstraites.

En 1992, Anne de Staël évoque l'oeuvre picturale de son père.

En 1956, un ami d'enfance évoque le caractère angoissé de l'œuvre de Nicolas de Staël qui "se refermait sur lui-même lorsqu'il travaillait".

L'art et la vie, 1956 (audio)

Ses drames personnels (la mort de sa 1ère épouse Jeannine en 1946) et les années de vache maigre transparaissent dans son art. Les années 1945 et 1950 couvrent une période sombre de la peinture de Staël, où l'abstraction est mise à nu. En 1970, la peintre Françoise Gilot évoque sa rencontre avec lui en 1945.

La boîte de Pandore, 1970

Rejetant toutes les étiquettes, à l'image de Braque, il refuse de rejoindre le mouvement abstrait. "Je n'oppose pas la peinture abstraite à la peinture figurative. Une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace" déclarait-il en 1952.

En 1998, Pierre Soulages débattait toujours sur son statut de peintre figuratif ou abstrait dans l'émission "Le cercle".

L'art sans entrave

En 1950, Staël est déjà un peintre qui compte, on parle de lui dans les revues d'art américaine et française. Il participe à plusieurs expositions à travers le monde.

Sa peinture se réinvente constamment : des couleurs sombres de ses débuts (Porte sans porte en 1946 ou Ressentiment en 1947), elle aboutit à l'exaltation de la couleur (Grand Nu orange en 1953).

Staël utilise toutes les techniques, tous les matériaux : gouache, encre de Chine, huile, toile, papier. Ses œuvres se caractérisent par d'épaisses couches de peinture superposées et d'un jeu de matières, passant des empâtements au couteau (Compositions, 1945-1949) à une peinture plus fluide (Agrigente, 1954, Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant, 1955).

Playlist : les expositions en 12 vidéos

En 2003, Anne de Staël évoque le parcours artistique de son père.

Peinture fraîche (audio)

L'amour à mort

Ses dernières années sont extrêmement productives, avec plusieurs centaines de peintures inspirées par le football, la musique contemporaine et le jazz mais aussi le Midi où il s'installe pour se rapprocher de son dernier amour, Jeanne Mathieu qui alimente son travail sur le nu.

En 1953, Nicolas de Staël emménage à Antibes près de Jeanne, mais sa muse est déjà mariée et le fuit de plus en plus. Le peintre noie sa déception dans le travail. Il change de technique picturale, les pâtes épaisses cèdent la place aux couleurs dilluées…

En 2014, la ville d'Antibes lui rendait hommage.

Finalement, l'artiste se laisse emporter par la mélancolie d'être si mal aimé et met un terme à sa vie le 16 mars 1955, en se jetant du balcon de son atelier d'Antibes. Il a 41 ans.

Rédaction Ina le 04/03/2015 à 15:18. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 12:13.
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