A Nice ce jeudi, des policiers municipaux ont mis hors d'état de nuire un terroriste qui venait de tuer trois personnes. Depuis 2010, le maire Christian Estrosi a fait le choix d’une police municipale nombreuse, aidée d’une vidéosurveillance massive.

Jeudi 29 octobre, peu avant 9 heures, un terroriste armé d'un couteau pénètre dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice. Il tue deux femmes venues prier et le sacristain de l'édifice. L'activation par un témoin de la borne de sécurité située à proximité du bâtiment va permettre à plusieurs brigades de la police municipale d'intervenir dans les quatre minutes et de neutraliser l'assaillant. C'est la première fois en France que des policiers municipaux interviennent dans un attentat terroriste.

L'activation de la borne a permis aux caméras de vidéosurveillance du quartier de pointer vers le lieu de l'attentat, apportant un soutien logistique aux équipes présentes sur place. Une sorte de "symbiose" entre l'homme et la technologie, vantée par un homme depuis 2010... Christian Estrosi. Dès son arrivée à la mairie en 2008, le maire LR de Nice revendique une politique sécuritaire volontaire et souvent contestée. La vidéosurveillance est l'un des piliers de cette politique de sécurité. Dès 2010, il déploie la vidéosurveillance dans la ville. Parmi ses mesures médiatiques - et décriées - la dotation d'un système de surveillance massif et high-tech. En 2011, Nice possède déjà le système de vidéosurveillance le plus sophistiqué d'Europe avec près de 600 caméras !

Le 3 février 2011, la rubrique L'oeil sur la ville, du 19/20 de France 3, faisait le point sur ce choix coûteux et très contesté.

La vidéosurveillance  est centralisée et pilotée dans une salle de visionnage dernier cri, "c'est l'une des installations les plus modernes d'Europe, avec une centaine de caméras gérées par un puissant logiciel qui repère les situations suspectes". Fier de cette installation, le maire LR déclare alors, "on dit souvent : dans les villes, nous avons des caméras. Mais les caméras n'ont d'intérêt que si derrière, il y a un cerveau qui est d'abord un logiciel extrêmement performant".

Le commentaire précise, "un homme ne peut contrôler efficacement que les images de six caméras, alors l'intelligence artificielle lui vient en aide".

Chez Keeneo, les créateurs du logiciel, Thomas Herlin, le vice-président de Keeneo explique le fonctionnement du puissant algorithme que, "ce que fait notre logiciel, c'est d'analyser à la fois la trajectoire et l'endroit où a lieu cette trajectoire et la présence d'une personne, par exemple, au milieu d'un parking". Le logiciel repère les mouvements illogiques, "sauf si vous ne savez plus où vous êtes garés, normalement vous allez directement à votre voiture".

Mais cette multiplication des caméras intelligentes peut elle être une menace pour l'homme ? En tout cas, elle n'est pas du goût de tout le monde dans la police, comme l'explique Frédéric Guérin du syndicat de police unité SGP FO. "Rien ne remplace une présence de terrain : les caméras ne sont pas négatives, elles viennent en appui des policiers, mais maintenant, il ne faut pas que l'on tombe dans le piège de remplacer les policiers par des caméras, la baisse des effectifs de la police peut nous inquiéter notamment avec ce surnombre des caméras".

Une crainte sans doute entendue par le maire car il va poursuivre sa politique sécuritaire de vidéosurveillance, tout en augmentant une présence policière mieux équipée. En 2014, il met en place la "Brigade Jean Médecin", des agents de la Police municipale en complément des caméras de vidéo-surveillance.

En janvier 2015, l'édile demande à ce que la police municipale soit équipée de gilets pare-balles et de pistolets semi automatiques.  

En mars 2015, il annonce la création d'un nouveau pôle de sécurité à Nice regroupant la police nationale qui quitterait Foch et Auvare et rejoindrait la police municipale dans les locaux de l'hôpital Saint Roch. 

En septembre 2017, la police municipale de Nice, désormais l'une des plus importantes de France, dote ses agents d'une nouvelle arme, un pistolet 9 mn. Ce reportage montre l'entrainement au maniement de cette nouvelle arme et témoignages de policiers heureux et de Niçois majoritairement satisfaits.

En décembre 2019, c'est le grand retour des bornes de polices secours dans la ville. 16 de ses bornes sont installées à des points stratégiques de Nice, directement reliés au QG de surveillance. A l'époque, on se demandait quel serait leur usage à l'heure où tout le monde possède un téléphone portable ? 

Depuis son arrivée à la mairie en 2008, Christian Estrosi a recruté 230 policiers municipaux portant à 550 l'effectif en 2020 et à environ 36 millions d'euros le coût de la police municipale. En 2021, 80 nouveaux recrutements sont prévus.

Pour aller plus loin

JT de 20h00 de France 2 : délinquance : Nice plus sûre que Lille ? Analyse des chiffres de la délinquance à Lille et à Nice alors que Christian Estrosi, maire de Nice, critique le bilan de Martine Aubry, sa consœur lilloise, sur le sujet de la sécurité urbaine. (16 août 2010)

Années 90, les débuts de la reconnaissance faciale. La ville de Nice a expérimenté un système de reconnaissance faciale lors de son carnaval. En 1999, cette technique balbutiante était présentée au salon Milipol consacré à la sécurité. (Article)

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Rédaction Ina le 30/10/2020 à 17:25. Dernière mise à jour le 30/10/2020 à 18:34.
Economie et société