maurice-bejart

Une carrière tout en enchaînements

"Lorsque j'ai commencé, avec ma petite compagnie au théâtre de l'Etoile, nous avions un vingtaine de personnes chaque soir dans la salle. Malgré tout, j'avais le culot de dire aux gens que je croyais profondément que la danse était l'art du XXe siècle". Il était le maître à penser des maîtres à danser. Maurice Béjart, 80 ans, s'est éteint le 22 novembre 2007, à Lausanne. Toute sa vie n'était que pirouettes, arabesques et ronds de jambes. La vie, certains la rêvent. Lui, il l'a dansée.

Evidemment la Mer en 1960...

L'homme seul remplit les salles

Né le 1er juillet 1927, à Marseille, de son vrai nom Maurice-Jean Berger, il fait ses débuts artistiques à l'Opéra de Paris dès l'âge de 14 ans. Dix ans plus tard, il monte son premier ballet, L'Inconnu. En 1955, il crée Symphonie pour un homme seul, avec sa compagnie, les Ballets de l'Etoile. Réalisée sur fond de musique concrète, la danse enthousiasme la presse et le public. Mélange de danse classique et moderne, de musique contemporaine ou lyrique : Maurice Béjart manie les genres avec grâce pour en dégager sa position à lui. Et il la tient.

Moderne contre classique

En 1959, il monte l'un de ses plus grands succès : Le Sacre du Printemps, sur une musique de Stravinsky. Maurice Béjart est définitivement consacré.

Il forme une nouvelle école de danse, le Ballet du XXe siècle, et se met à parcourir le monde. Son goût marqué pour le cosmopolitisme culturel l'amène à s'attacher à l'expression de diverses civilisations. Les philosophies orientales, le cinéma ou la littérature enrichissent ses mises en scène spectaculaires. Ses créations burlesques ou tragiques abordent les thèmes de l'amour, de la mort, des mythes occidentaux, du voyage, de la solitude. Bref, de la condition humaine.
Les lieux où le chorégraphe donne libre cours à ses créations sont tout aussi variés : théâtres, stades, Opéra Garnier, Palais des Sports, arènes, chapiteaux de cirque, château de Versailles… La danse contemporaine vient à la rencontre du public.

230 chorégraphies

Parce que, selon lui, "la danse n'a plus rien à raconter, mais beaucoup à dire", Maurice Béjart tient à partager son savoir-faire.

Il multiplie la création de troupes ou d'écoles qui sont autant de pépinières de jeunes talents. Il crée ainsi l'école Mudra à Bruxelles en 1970, puis la déplace à Dakar en 1977. Il choisit en 1992 de s'installer définitivement à Lausanne, en fondant l'école-atelier Ludra. Désormais la démocratisation de la danse passe par l'apprentissage.
Ses 80 ans passés, Maurice Béjart continue à œuvrer pour une réconciliation public/danse qui n'était plus à faire. Ses 230 chorégraphies doivent s'enrichir d'un nouveau volet : la programmation du Tour du Monde en 80 minutes débute à Lausanne en décembre 2007.
Ainsi, le chorégraphe a révolutionné la danse. Lui qui affirme en 1970, "si d'une certaine façon je veux passer dans la postérité, c'est pour avoir redonné le goût de la danse et pas du tout pour avoir fait tel ou tel ballet", a réussi son grand échappé.

Rédaction Ina le 22/11/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 15/11/2017 à 18:17.
Arts du spectacle