Maudy Piot, debout contre les violences faites aux handicapées

Administrator dev le 26/12/2017 à 13:44. Dernière mise à jour le 26/12/2017 à 15:53.
Economie et société

Cette militante féministe est décédée lundi. Elle s'est longtemps battue pour lutter contre la résignation des femmes souffrant d'un handicap et de maris qui profitent de ce handicap.

Une femme handicapée et battue par son mari doit-elle se taire ? Au prétexte qu'elle a déjà de la chance d'avoir un mari ? Une situation sordide, des phrases entendues et contre lesquelles s'élevait Maudy Piot, décédée lundi. Cette militante engagée se battait auprès des femmes handicapées. Notamment dans ce reportage de 2015.

Maudy Piot "nous a quitté ce jour. Elle nous laisse en héritage sa détermination sans faille à rendre visibles et reconnaître les violences spécifiques dont sont victimes les femmes handicapées", a indiqué sur Twitter le HCE, instance placée auprès du Premier ministre, dont elle était membre depuis 2015.Psychanalyste mal-voyante, elle a créé en 2003 l'association "Femmes pour le dire, femmes pour agir" (FDFA), afin de lutter contre la "double discrimination" qui consistait, selon elle, à "être femme et être handicapée".

Sur Twitter, la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a fait part de sa "grande tristesse". "Chaque personne qui a eu la chance de croiser son chemin sait à quel point elle militait avec gentillesse et humour pour défendre les femmes/citoyennes en situation de handicap", a-t-elle écrit.

Dans ce reportage diffusée à la télévision en 2015, l'association qu'elle présidait venait de mettre en place un numéro d'appel pour les femmes handicapées en détresse. L'une d'elles raconte le calvaire qu'elle a vécu pendant 35 ans. Une situation répétées, alors que les familles de ces femmes sont au courant. Ce que dénonçait justement Maudy Piot en 2015 : "Les familles, même les enfants, leur disent : "Tu as de la chance, tu n'es plus chez nous, tu vis avec quelqu'un qui s'occupe de toi, tu n'a qu'à supporter quelques coups de poings, pourquoi te plaindre, pourquoi on te plaindrait.""

Huit femmes handicapés sur 10 subissent des violences morales ou physiques, rappelle ce reportage.