Un rêve : être vétérinaire

« Sur une scène de théâtre, on a vraiment une sensation de liberté (on a l'excuse que ce n'est pas nous, que ce ne sont pas nos phrases), et une sensation que personne ne nous arrêtera.» Marie Trintignant était connue pour sa voix grave, son jeu d'actrice intense… et sa grande timidité. Une timidité qu'elle tenait de son père, Jean-Louis Trintignant. Le comédien a initié sa fille à la magie du 7e art et des planches dès son plus jeune âge.
 En effet, Marie n'a que quatre ans, lorsqu'elle participe à son premier film, « Mon amour, mon amour », réalisé par sa mère, Nadine Trintignant. En grandissant, elle rêve d'être vétérinaire, puis un jour décide que la comédie sera sa voie : « J'avais quinze ou seize ans et c'était décidé : je voulais être actrice ! Mais je me suis bien gardée de le dire, j'avais tellement répété que je ne voulais pas faire ça ! » se rappellera-t-elle quelques années plus tard.

Des rôles sombres…

Et c'est le film d'Alain Corneau, « Série Noire » qui la lance. Elle a 17 ans et joue aux côtés de Patrick Dewaere, dans une œuvre à l'ambiance sombre et désespérée. Dans les années 1980, Marie Trintignant prend toute sa dimension, grâce à Claude Chabrol qui la choisit pour le rôle d'une prostituée dans « Une affaire de femmes ». Puis il fait à nouveau appel à elle pour « Betty », un film dans lequel elle interprète le personnage principal : une alcoolique en rupture avec sa famille bourgeoise qui provoque le désordre dans le couple qui la recueille.
 Parallèlement, pour soigner sa timidité, Marie poursuit ses cours de théâtre : « Le théâtre m'aide car l'apport est plus immédiat. On sent les progrès de suite, alors qu'au cinéma on ne réalise les acquis qu'après, au film suivant. Le théâtre remplit, alors que le cinéma vide. Pour moi, ce qui est parfait, c'est de faire les deux en alternance. »

Un registre encore plus riche

Sa mère lui écrit alors un personnage totalement différent : en 1984, dans « L'Eté prochain », Marie Trintignant est Sidonie, une pianiste dont le trac l'empêche de jouer en public. En endossant ce rôle, l'actrice prouve qu'elle peut être vivante et drôle. Elle élargit ainsi son registre. De femmes névrosées, elle passe à des compositions plus comiques dans les années 1990, comme par exemple dans les films de Pierre Salvadori, « Cible émouvante » et « … Comme elle respire », où elle donne la réplique à Guillaume Depardieu. Sans oublier « Janis et John », un film posthume de l'actrice, réalisé par son mari Samuel Benchetrit.
 Car le 1er août 2003, suite à une violente dispute avec son compagnon Bertrand Cantat, Marie Trintignant décède d'un œdème cérébral. Inhumée à Paris au Père Lachaise, un millier d'anonymes assistent à ses obsèques, ainsi que les plus grands noms de la scène et de la politique française. Elle qui avait été nominée cinq fois aux Césars durant sa carrière, elle reste cette actrice qui a fait de sa timidité, une force, un véritable envoûtement.

Rédaction Ina le 25/07/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 10:29.
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