Votée le 1er décembre 1988, la loi instituant le RMI vise à insérer les personnes les plus en difficulté dans le monde du travail. Deux décennies plus tard : bilan du dispositif en chiffres et en vidéos.

Extrait du discours prononcé par Michel Rocard sur le revenu minimum d'insertion le 29 juin 1988.

Débat RMI à l'Assemblée nationale le 4 octobre 1988.

En novembre 1994, un rapport de la Cour des comptes stipule que le RMI ne fonctionne pas très bien. Réactions de Jean Glavany, Porte-Parole PS : "L'Insertion ne marche pas bien" et de Roselyne Bachelot, députée du RPR.

En 1995, le ministre du Travail, Michel Giraud, annonce une baisse d'environ 10 000 chômeurs en mars. Le nombre de RMistes continue de progresser avec 3% de la population française.

En octobre 1995, la Cour des comptes épingle à nouveau le RMI qui causerait des dépenses excessives (nombreuses sommes indues versées), serait responsable d'un gestion incertaine, et d'une l'insuffisance de son volet insertion.

En mars 1996. Bilan du RMI. RMI : le nombre de bénéficiaires stagne. En réaction l'association "Agir contre le chômage" lance une opération coup de point, dont de nombreux adhérents envahissent une épicerie de luxe Fauchon.

Janvier 1999. Le chômage continue de baisser. Selon les statistiques publiées aujourd'hui par le ministère de l'emploi et de la solidarité, le nombre des demandeurs d'emploi a baissé de 1,4% en décembre et de 5% en 1998.
 Interview Martine Aubry, Ministre de l'Emploi et de la Solidarité déclare : "J'ai toujours dit que la croissance ne suffirait pas à remettre au coeur de notre société des gens qui ont été cassés par le chômage. Qu'ils touchent le RMI, qu'ils soient au chômage de longue durée. Vous savez qu'actuellement nous faisons en sorte de leur proposer un emploi, une qualification, une aide en matière sociale lorsqu'ils en ont besoin. Ça commence à porter ses fruits"

Décembre 1999. Martine Aubry annonce une série de mesures en faveur des plus démunis, avec notamment une "prime de fin d'année" et la hausse de minimas sociaux, dont le RMI. Selon Martine Aubry, ces mesures coûteraient 2 milliards 700 millions de francs à l'Etat. De plus, le gouvernement décidait d'abandonner les dettes fiscales pour les personnes en situation d'urgence.

En août 2000. Une étude sur le chômage sème le trouble dans le très sérieux Institut de l'Insee. Selon deux chercheurs, 57% des sans-emploi en France ne souhaitent pas retravailler, car en termes financiers, ils n'y trouveraient pas leur compte, entre les minimas sociaux, le Rmi et les exonérations fiscales. Les syndicats dénoncent ce qu'ils appellent "une caricature". Le Medef sc serait servi de cette étude dans la négociation sur l'Unedic...

Des droits et des devoirs

Bien sûr, le RMIste a des droits -dont celui de percevoir l'allocation- mais aussi des devoirs. Il doit conclure et respecter un « contrat d'insertion » normalement adapté à ses besoins, compléter périodiquement une « déclaration trimestrielle de ressources » et signaler tout changement de situation personnelle ayant un impact sur le montant de son allocation.

Le nombre d'allocataires

Après quatre ans de hausse continue, le nombre de prétendants au RMI a, en 2007, baissé de près de 8% (1 158 000) par rapport à 2006 (1 255 549 – Source Insee).
Cela dit le nombre de RMIstes avait largement augmenté entre 1996 et 2006 :
Personne seule 1996 : 576 423 - 2006 : 714 965
Couple 1996 : 196 282 - 2006 : 218 042
Familles monoparentales 1996 : 216 010 - 2006 : 322 542
Total 1996 : 988 715 - 2006 : 1 255 549
 

Le revenu minimal… maximal

Le montant mensuel maximum du RMI dépend du nombre d'enfants à charge :
Personne seule : 447,91 €
Personne seule avec 1 enfant : 671,87 €
Personne seule avec 2 enfants : 806,24 €
Couple : 671,87 €
Couple avec 1 enfant : 806,24 €
Couple avec 2 enfants : 940,61 €
Mais en pratique, ces revenus sont presque toujours diminués de 54 à 133 euros, car l'allocataire perçoit également généralement l'aide au logement.
 

Données sociologiques

En 2006, seuls 17% des allocataires vivent en couple. En majorité, les RMIstes sont seuls et sans enfants. Cette allocation d'insertion concerne quasiment autant les hommes que les femmes.
Des sociologues collaborant avec l'Insee ont identifié cinq groupes d'allocataires :
 - jeunes diplômés de plus de 25 ans n'ayant pas trouvé de travail correspondant à leurs compétences. Le RMI se substitue alors aux allocations chômage.
 - jeunes qui, après un échec scolaire, accumulent les emplois de courte durée.
 - jeunes mères de familles isolées suite à un divorce.
 - mères de famille plus âgées qui doivent faire face au licenciement de leur mari.
 - intérimaires âgés confrontés à leur mise à l'écart progressive.
 

Répartition géographique

Le versement de l'allocation révèle d'importantes disparités géographiques.
D'après une étude de la DREES (direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) publiée en 2005, les DOM, le pourtour méditerranéen, le nord de la France et la région parisienne concentrent une proportion plus importante d'allocataires du RMI que le reste du territoire. Plus particulièrement, cinq départements rassemblent le quart des allocataires : le Nord, la Réunion, les Bouches-du-Rhône, Paris et la Seine-Saint-Denis, avec plus de 50 000 RMIstes dans chacun d'entre eux.

Rédaction Ina le 21/11/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 20/11/2018 à 17:34.
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