Le patrimoine audiovisuel

Redaction Ina le 23/10/2006 à 00:00. Dernière mise à jour le 25/10/2017 à 13:34.
Télévision
Le patrimoine audiovisuel

Chaque année, le 27 octobre, se tient la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, initiée par l'Unesco en 2006. Depuis, cette date est un rendez-vous important pour sensibiliser opinions et pouvoirs publics à la nécessité de préserver cet héritage.

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Le patrimoine audiovisuel : un problème mondial

La Conférence générale de l'Unesco a adopté le 27 octobre 1980 la "Recommandation pour la sauvegarde et la conservation des images en mouvement"
Dans la décennie suivante, le programme Mémoire du monde s'est développé, avec une démarche originale : répertorier le patrimoine documentaire d'intérêt mondial. En juin 2005,  l'appel du 18 juin 1940 a ainsi été inscrit au registre de ce programme. 

Une journée pour le patrimoine audiovisuel

La Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, dont le principe a été adopté en 2005 lors de la Conférence générale de l'Unesco, est la plus récente initiative en ce sens. Mais l'idée de conserver ce patrimoine est bien plus ancienne comme l'explique ici Jean-Marie Cavada...

Jean-Marie Cavada réclame une conservation systématique du patrimoine audiovisuel, 1991.

Depuis, cette date est un rendez-vous important pour sensibiliser opinions et pouvoirs publics à la nécessité de préserver cet héritage.

Les vingt quatre heures de la télé : une mémoire qui s'efface, 2005.

Le patrimoine : une notion qui bouge

Le patrimoine a la côte. Lancées en 1984, les journées du patrimoine attirent chaque automne un très large public, heureux de découvrir des richesses architecturales. Pour beaucoup, en effet, patrimoine continue de rimer avec vieilles pierres. Pourtant, cette notion est beaucoup plus large et englobe des trésors de plus en plus immatériels.

La cinémathèque Actualités en 1970.

Tout ce qui a contribué à l'établissement et à l'enrichissement des cultures, des civilisations, mérite d'être inscrit dans la mémoire collective et d'être préservé pour les générations futures. C'est le cas des archives de télévision et de radio.

La cinémathèque de l'ORTF en 1963.

Revoir, au XXIe siècle, les premières émissions de télévision du début des années 50, réentendre les voix célèbres que la radio a diffusées il y a presque 100 ans, c'est avoir une autre vision du passé, plus concrète que celle délivrée par les livres, ou tout simplement plus émouvante. Encore faut-il se donner les moyens de préserver ces archives audiovisuelles.

Des supports en danger

Car les images s'usent, même si l'on ne s'en sert pas. Une bobine qui n'est jamais sortie de sa boîte métallique peut être irrémédiablement abîmée… par le temps. Les tout premiers films sur support nitrate, s'ils sont mal conservés, risquent de s'enflammer spontanément au simple contact de l'air. D'autres dégradations chimiques attaquent les pellicules plus récentes.

Denis Frambourt à propos de la conservation des archives vidéo en 1987.

Le "syndrome du vinaigre" est la plus spectaculaire et la plus menaçante à court terme : les films en acétate de cellulose se décomposent en produisant une forte odeur caractéristique de l'acide acétique.
Quant aux bandes vidéos, elles ne sont pas à l'abri des effets du vieillissement : chaleur, humidité, empilement des boîtes peuvent les altérer. De même, si elles n'ont pas été correctement rembobinées ou si elles ont été trop souvent lues. Mais à la différence du film, une vidéo ne révèle son mauvais état de conservation qu'au moment de son utilisation.
Les supports radio sont tout autant menacés, qu'il s'agisse des disques ou des bandes magnétiques. Tous ces problèmes sont très largement démultipliés dans les pays où les conditions climatiques sont extrêmes.

Visite du centre des archives de l'ina aux Essarts-le-Roi en 2003.

Quels remèdes ?

La solution : sauvegarder et numériser tout ce qui est menacé. Recopier sur support numérique tous les films voués au "vinaigrage", toutes les vidéos avant qu'elles soient devenues inutilisables par usure ou faute d'appareils capables de les lire.
Premier bénéfice : quel que soit le nombre de copies, toutes seront d'aussi bonnes qualité que la toute première. Deuxième avantage : permettre non seulement de préserver pour les générations futures un patrimoine culturel essentiel mais surtout, donner une seconde vie aux archives en les rendant accessibles au plus grand nombre. Transformés en signal numérique, images et sons peuvent circuler sur internet et rencontrer ainsi le plus large public.
C'est une course de vitesse qui s'engage, elle demande des moyens colossaux. Mais c'est à ce prix que la mémoire audiovisuelle pourra contribuer à l'histoire culturelle.

Reportage consacré au chantier de numérisation entrepris par l'ina.

En 2009, dans la salle des robots du dépôt légal à l'Ina, Mathieu Gallet, alors PDG de l'Ina, parle de la numérisation et du stockage de plus de 860 000 heures de programmes télévision et radio.