1978, c’est la fièvre Travolta. Le film "La fièvre du samedi soir" sort en France et est l’un des principaux vecteurs de la mode disco. Des Bee Gees à Donna Summer, en passant par Boney M. et Claude François, la musique Disco s’inscrit dans les mœurs et les discothèques deviennent un mode de vie.

Mais avant 1978, c’est 60 ans d’histoire pour le Palace. En 1912, il s’agit d’une salle de cinéma appartenant à l’entreprise Gaumont puis d’une salle de théâtre. L’établissement prend ensuite plusieurs noms : Théâtre du boulevard, Palace Music-Hall ou encore Alcazar de Paris.

En 1933, Le Palace Music-Hall fera la une de la presse pour de mauvaises raisons. Le propriétaire Oscar Dufrenne, est retrouvé assassiné dans son bureau. Crime crapuleux ou politique ? On arrêtera bien un suspect deux ans après le meurtre mais l’affaire ne sera finalement jamais résolue…

Les années passent. A la fin des années 1970, le bâtiment est délabré et désaffecté. Des pièces de théâtre s’y produisent tout de même mais l’arrivée d’un homme en 1978 va tout changer. Un certain Fabrice Emaer

L’homme de la nuit parisienne est déjà propriétaire de plusieurs salles dont "Le Sept". Il effectue d’importants travaux et recompose même le style architectural des années 1930. C’est un véritable succès ! Le 1er Mars 1978, la chanteuse jamaïcaine Grace Jones inaugure le lieu avec un concert. Pour 50 francs, on peut venir danser jusqu’au bout de la nuit malgré la difficulté d'y entrer. Un homme témoigne : "Il faut avoir la carte. Il veut pas me laisser rentrer parce que j’ai mis mes baskets". N’est pas John Travolta qui veut. A l’époque, Fabrice Emaer a investi 7 millions de Francs dans cette affaire.

Les défilés et les fêtes s’y succèdent. Le Palace est devenu très vite un lieu mythique où la musique pop et la culture gay émergent.

"La génération Palace" vient illustrer cette ivresse de la nuit. Thierry Le Luron, Yves Saint Laurent, Karl Lagerfeld ou encore Andy Warhol sont des habitués du lieu. De nouvelles modes arrivent comme le roller-disco, importé des Etats-Unis en 1979.

Gérard Holtz, jeune reporter, présente ce thème : "C’est une nouvelle mode que Le Palace, une des boîtes les plus en avant de Paris, essaie de lancer en ce moment."

Mais la joie est de courte durée. En 1978, Le palace réalisait un chiffre d’affaire de 30 millions de Francs, somme considérable pour l’époque. Cinq ans plus tard, les caisses sont vides et l’établissement manquera de fermer plusieurs fois. En cause, son train de vie, bien au dessus de ses moyens.

Puis la mode du disco s’affaiblit et le rock et la house-music font peu à peu leur apparition. Fabrice Emaer est malade et décède d’un cancer en 1983. Le Palace ne résistera pas à la disparition de son propriétaire. C’est la fin d’une époque…

De nombreux associés de Fabrice Emaer tentent de renflouer le navire. Sans succès. L’établissement fait l’objet de fermetures administratives dus à des trafics de drogues. Il servira cependant comme lieu de tournage à l’émission "Lunettes noires pour nuits blanches", animée par Thierry Ardisson.

Durant 13 ans, d’autres personnalités essaient de reprendre l’affaire dont Régine en 1992 (grande rivale de Fabrice Emaer) ou le couple Guetta en 1994. Cathy Guetta gardait tout de même espoir dans une interview : "C’est quand même un endroit mythique et on y croyait. Mais rien n’est perdu. Les espoirs sont ouverts pour 1997". Le lieu ferme en 1996.

Dix années ont passé. Le Palace est devenu un squat mais encore une fois, il va renaître de ses cendres. Les frères Vardar, deux belges, rachètent la salle en 2006 et réalisent d’importants travaux. Ils transforment l’endroit en salle de théâtre dotée de 1000 places environ. Alil Vardar ne voulait pas d’une discothèque : "Je pense que la grande erreur aurait été de rouvrir Le Palace en boîte de nuit. On aurait fait moins bien que ce qui a été fait il y a 20 ans."

Le 5 Novembre 2008, le lieu est inauguré avec le nouveau spectacle de Valérie Lemercier.

En 2011, Hazis Vardar veut vendre l’établissement pour 15 millions d’euros. Preuve qu’on a pas fini d’entendre parler de la célèbre salle de spectacle parisienne…

Rédaction Ina le 22/02/2018 à 12:06. Dernière mise à jour le 22/02/2018 à 14:36.
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