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Génie ou perversion?

Le 2 décembre 1814, mourait le Marquis de Sade. Qui était-il? Un être inhumain et inspirateur du sadisme ou un génie incompris qui fit du libertinage un devoir de liberté, dans une époque sanglante et tourmentée, celle de la Terreur?

En 1950, Gilbert Lély revient sur les détails de sa vie.

 

Gilbert Lély sur Sade, 1950 (audio)

Naissance du sadisme

Né le 2 juin 1740, le nom de Donatien Alphonse François de Sade est longtemps resté attaché à ses écrits pervers, parfois insoutenables, illustrés à l'époque de gravures pornographiques : "Cent Vingt journées de Sodome" (1785), "Histoire de Juliette", ou les "Prospérités du vice" (1801). Des romans libertins, cruels, teintés d'une vision philosophique, d'un appel à une liberté sans entraves.

Son nom passe à la postérité dès 1834 avec l'entrée du néologisme "sadisme" dans un dictionnaire.

Ses descendants évoquent leur lourd héritage. En 1972, Xavier de Sade souhaitait pourtant réhabiliter son ancêtre et récusait sa réputation de sadique.

Xavier de Sade, 1972

Seul vestige du Marquis, son château de Condé que nous fait visiter son héritier en 1980.

Visite du château en 1980

Une vie en prison

Ses écrits et des actes (fustigations, tortures, meurtres, incestes, viols, etc.) valurent au "divin marquis" de passer près de 30 ans en prison, sous tous les régimes politiques (Monarchie, République, Consulat, Empire).

Il écrivait avec humour que les " Les entractes de ma vie avaient été trop longs ". C'est l'un de ces épisodes que retrace le film de Benoit Jacquot en 2009, avec dans le rôle titre Daniel Auteuil, qui incarne un marquis de Sade défenseur de libertés et de la philosophie, loin du mythe du débauché pervers.

Sade de Benoit Jacquot, 2009

Il meurt à l'asile d'aliénés de Charenton-Saint-Maurice en 1814 à 74 ans, laissant derrière lui une œuvre considérable et censurée.

Du sadisme à la philosophie

Car malgré l'enfermement, Sade a toujours écrit et distillé sa philosophie d'athée radical à travers des œuvres théâtrales et épistolaires.

Les lettres du Marquis, 1982 (audio)

En 1981, l'universitaire Noëlle Châtelet évoque l'œuvre philosophique du marquis au sujet du livre "Justine, ou les malheurs de la vertu".

Justine ou les malheurs de la vertu, 1981 (audio)

La réhabilitation

Longtemps occultée, son œuvre littéraire est réhabilitée par Jean-Jacques Pauvert au milieu des années 50. Il le publie sous son nom d'éditeur, malgré la censure officielle dont il triomphe par un procès en appel en 1957, défendu par Maître Maurice Garçon.

Jacques Pauvert à propos de Sade, 1986

En 1959, pour la première fois l'une de ses œuvres est adaptée à la radio : "Emilie de Tourville ou la cruauté fraternelle" rédigé à la Bastille en 1887.

Emilie de Tourville ou la cruauté fraternelle, 1959 (audio)

La dernière étape vers la reconnaissance arrive en 1990 avec l’entrée de Sade dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Michel Delon, le marquis de Sade dans la Pléïade, 1999 (audio)

Rédaction Ina le 12/11/2014 à 19:29. Dernière mise à jour le 07/12/2016 à 14:30.
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