Le mercato d’hiver est terminé, les clubs de foot ont fait leur marché et des joueurs ont changé de vestiaires à coup de millions d’euros. Une ultra-libéralisation et une flambée des salaires qui datent de 1995. Un séisme provoqué par un homme, un footballeur belge, il s’appelle Jean-Marc Bosman. Que s’est-il passé cette année-là ? Qu’est-il devenu ?

Nous sommes en 1990... la vie de ce footballeur va basculer. 

1995 : "Hélas pour lui, au terme d'un contrat de deux ans, son club lui propose un salaire divisé par 4. Jean-Marc Bosman décide alors de partir pour Dunkerque. C'est là que commence son cauchemar. Liège exige du club français une somme exorbitante pour un joueur devenu pourtant indésirable".

A l'époque, en Belgique, un joueur est lié à son club même lorsqu'il est en fin de contrat.

Jean-Marc Bosman précise : "Parce que deux clubs n'arrivaient pas à se mettre d'accord pour des histoires de gros sous. Moi je ne pouvais pas rester mais je ne pouvais pas partir, donc j'étais bloqué. Il se fait que mon transfert a échoué".

Avec ses avocats, Jean-Marc Bosman saisit la justice. Et après cinq ans de combat, le 15 décembre 1995...  Stade 2 fait le point sur l'affaire Bosman : "C'est David qui a battu Goliath, le petit qui a battu le grand". L'ancien joueur commente : "Mais voilà, je souriais parce que dans ma tête, je les ai mis à mes Pieds". 

Le reportage de Stade 2 poursuit : " Désormais le monde du foot devra se conformer aux règles du monde du travail. Les indemnités de transferts en fin de contrat sont jugées illégales."

La Cour supprime aussi le quota de trois joueurs étrangers maximum par le club.

Jean-Marc Bosman décrit son sentiment : "Cinq ans de galère et après je me dis : ouf ! Le bonheur, la liberté, je vais être reconnu par les joueurs, je vais être récompensé, protégé pour le restant de mes jours"

Et tout va changer... pour les autres.

Les clubs les plus riches font venir les meilleurs joueurs de la planète. Leurs salaires explosent.

L'ancien joueur le déplore : "0.3% des joueurs gagnent leur vie comme des cochons, c'est astronomique". 

Les transferts se négocient à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Amer, Bosman déclare : "Le football est devenu un produit, le produit c'est le footballeur. Un marché, c'est les transferts. Et un business. Voilà ce qu'il est devenu le football".

Mais Jean-Marc Bosman n'en a pas profité et tombe dans l'oubli !

"Aujourd'hui Jean-Marc Bosman a 30 ans, il est au chômage, sa carrière professionnelle est terminée" décrit ce journal des années 90.

Ce que confirme l'ancien champion : "Je n'avais plus de travail, dans le monde du football j'était complètement banni. J'aurais pu trouver une seconde carrière, mais c'était fini".

 Il a traversé une période difficile : alcool, dépression.

"Une période très dure où je n'accepte pas cette non reconnaissance, alors que finalement je n'avais fait que du bien quoi..." conclut-il avec le sourire.

Aujourd'hui il vit de différentes aides.

"J'aimerais bien un jour me dire, bon je termine le mois apaisé, sans me tracasser, sans toutes ces factures."

L'arrêt de la cour de justice du 15 décembre 1995 porte son nom. L'arrêt Bosman.

"Vous savez il y a des joueurs maintenant, ils s'en foutent, ils ne pensent qu'au profit, mais ils ne savent même pas qui je suis d'ailleurs."

Rédaction Ina le 03/02/2020 à 10:14. Dernière mise à jour le 05/02/2020 à 10:42.
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