Le 10 juillet 2009 se clôturait le procès du gang des barbares. Trois années plus tôt, les 26 membres du groupe avaient torturé puis tué le jeune Ilan Halimi. Retour sur une affaire hors normes.

Retour sur les faits

Le 20 janvier 2006, Ilan Halimi, un jeune homme de 23 ans, est enlevé en région parisienne. Il est retrouvé le 13 février, agonisant le long des voies ferrées du RER à Sainte-Geneviève-des-Bois avant de décéder quelques heures plus tard. C'est le début d'une affaire qui a bouleversé la France entière.

Pendant trois semaines, Ilan Halimi a été torturé dans une cité de Bagneux dans les Hauts-de-Seine par le gang des barbares, un groupe de 26 personnes. A sa tête, Youssouf Fofana, un homme de 25 ans, autoproclamé comme étant le cerveau de l'organisation. L'autopsie a révélé des brûlures mais aussi de nombreux hématomes. A l’époque, Ruth Halimi, la mère de la victime témoignait de la violence des actes : « Il a été brûlé. On l’a affamé. Ils l’ont laissé nu sur l’autoroute. Il n’avait plus aucune chance. Il était mourant quand ils l’ont laissé. Ils ont fait un sacrifice gratuit. »

Un acte antisémite

L'affaire fait grand bruit en France, notamment au sein de la communauté juive à laquelle appartenait la victime. Selon l’avocat de la famille Halimi, Francis Szpiner, il ne fait aucun doute que le crime est d’ordre antisémite : « La vérité, c’est qu’Ilan Halimi a été choisi parce qu’il était juif. Youssouf Fofana avait le préjugé le plus ancré dans l’esprit, c’est-à-dire le juif a de l’argent. C’est le préjugé antisémite par excellence. » Les ravisseurs, pensant que la famille de la victime était riche, exigeront même une rançon de 450 000 euros.

Après la découverte du corps d'Ilan Halimi à Sainte-Geneviève-des-Bois, Youssouf Fofana, se sentant recherché, s'enfuit en Côte d'Ivoire avant d'être arrêté le 22 février 2006 à Abidjan. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’intérieur à l’époque, était confiant sur les chances d’extradition du suspect : « Je me suis entretenu avec les autorités ivoiriennes et notamment le ministre de l‘intérieur qui m’ont indiqué que le principe d’extradition de Youssouf Fofana était acquis. […] Son retour est une affaire de jours ou d’heures». Finalement, Youssouf Fofana est ramené en France le 4 mars 2006. Pendant trois ans, plus de 30 avocats se succéderont pour défendre le chef du groupe. Si certains ont été congédiés, d’autres ont démissionné comme Philippe Missamou : « Je pense que Youssouf Fofana est quelqu’un qui a une intelligence primaire mais je ne le crois pas capable d’une conscience idéologique et politique. »

Finalement, Youssouf Fofana est condamné le 10 juillet 2009 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans. Les autres verdicts vont de 18 ans de prison ferme à l'acquittement. Youssouf Fofana est toujours détenu à la prison de Condé-sur-Sarthe, l'une des plus sécurisées de France.

Jérémie Gapin

Rédaction Ina le 08/07/2019 à 15:44. Dernière mise à jour le 08/07/2019 à 15:53.
Economie et société