Le 31 octobre 1944, après des années d'enquête, la police arrêtait Marcel Petiot au métro Saint Mandé, un assassin que l'on qualifierait aujourd'hui de "serial killer". Cet homme, auteur de nombreux assassinats allait être condamné à mort et guillotiné le 25 mai 1946.

Deux ans plus tôt, en pleine Occupation, un charnier était découvert à son domicile, 21 rue Lesueur à Paris. Arrêté, il soutient avoir assassiné ses victimes au nom de la Résistance... Retour en archives sur ce procès criminel retentissant.

11 mars 1944. De la puanteur et des fumées suspectes alertent les habitants d'un hôtel particulier du 21 de la rue Lesueur à Paris. Appelée sur place, la police découvre un atroce charnier : des restes carbonisés ou passés à la chaux vive. Cette scène de crime est à l'origine de l'expression "L'assassin habite au 21". Les policiers arrêtent très vite le propriétaire, un certain docteur Marcel Petiot, né le 17 janvier 1897 à Auxerre. L'enquête va dévoiler une personnalité étrange et glaçante. Jugé à la fois très intelligent, pervers et déséquilibré, l'homme intrigue. Cette affaire criminelle passionne le public.

L'homme avoue rapidement avoir assassiné plus de 60 personnes, notamment des Juifs qui cherchaient à fuir l'occupant grâce à ses services… mais, pour ces malheureux dépouillés de leurs biens, le voyage se terminait dans la chaudière du sous-sol ou dans le bac de chaux vive…

En 1974, Dominique Bromberger reçoit René Tavernier pour son livre L'affaire Petiot, qui résume la vie du médecin meurtrier et décrit sa personnalité, et la comédienne Lila Kedrova qui connut le docteur Petiot. (Document audio)

Un procès très médiatisé

petiotdort312

Petiot fait sa sieste au cours du procès...

Le procès, qui débute le 18 mars 1946, est aussi médiatisé que celui de Landru au lendemain de la Grande guerre. Son comportement étrange déstabilise les observateurs. Lors des audiences, parfaitement indifférent, il plaisante ou dort alors qu'il joue sa vie. Ses yeux noirs et inquisiteurs effrayent les témoins.

Lorsqu'il parle, l'accusé reste sur sa propre version. Il affirme avoir tué, pour la Résistance, 63 Allemands ou "collabos", "tous des ennemis de la France". Mais la vérité est plus simple et plus sordide. Le meurtre n'était pour lui qu'un moyen d'enrichissement. Le 5 avril 1946, il est condamné à la peine de mort. Petiot est finalement guillotiné le 25 mai 1946. A l'avocat général qui le questionne une dernière fois au pied de la l'échafaud, il répond, énigmatique: "Je suis un voyageur qui emporte ses valises".

Témoignage du directeur de la prison sur l'exécution et le comportement étrange de Petiot ce jour-là, "Il avait des yeux qui jetaient le feu… pourtant le jour de sa mort, il souriait..."

Pour aller plus loin

Soyez témoins d'André Gillois. Des contemporains de l'affaire Petiot témoignent : deux rescapés, un ancien greffier de l'Yonne qui le connut avant l'affaire, le commissaire de police chargé de l'enquête, des voisins parisiens….(émission audio de 1956)

Alain Decaux raconte : l'affaire Petiot

Ici Pierre Desgraupes : l'affaire Petiot (émission audio de 1981 en cinq parties)

La Tribune de l'histoire. André Castelot, Jean François Chiappe et Alain Decaux reviennent sur l'affaire Petiot (émission audio, 1974)

Le docteur Petiot était-il fou ? Dossier de Jacques Pradel (émission audio, 1974)

petiot620

Marcel Petiot à son procès en mai 1946

Rédaction Ina le 31/03/2016 à 16:27. Dernière mise à jour le 22/10/2019 à 11:30.
Economie et société Justice et faits divers