Retour en 22 vidéos sur la Syrie de Bachar El Assad

Celui qui ne devait pas être président

Comment les Syriens en sont-ils venus à rejeter leur président de la République, élu par référendum en juillet 2000 ?

Le jeune Bachar El Assad ne se destinait pas à régner. Son père, Hafez el-Assad, est au pouvoir depuis un coup d’état réussi en 1970. Il prépare son fils aîné Bassel à lui succéder.

Pendant ce temps, Bachar mène des études d’ophtalmologie à Damas, vit quelque temps à Londres où il rencontre celle qui allait devenir sa femme : Asma al-Akhras, une Britannico-syrienne.

En 1994, Bassel perd la vie dans un tragique accident de voiture. Hafez el-Assad rappelle alors son plus jeune fils en Syrie. Bachar entre dans l’armée et devient rapidement colonel.

A la mort de son président de père et à la faveur d’un abaissement de l’âge de l’accession à la présidence, Bachar el-Assad est élu à la tête du pays par référendum en juillet 2000.

Le printemps de Damas

Au cours des premiers mois de son accession au pouvoir, le jeune président souffle un vent de réformes qualifié de « Printemps de Damas » : libération de prisonniers politiques, création de forums de discussions sur l’avenir du pays, fin de l’état d’urgence instauré en 1963 par son père.

Rapidement, les potentats de l’ancien régime l’obligent à stopper ses réformes. Il n’est plus question de démocratie, ni de liberté de parole. Les arrestations d’intellectuels contestataires reprennent de plus belle.

Une politique contestée

En 2003, les sanctions économiques mises en place par les États-Unis compliquent la situation.

Plus tard, les Américains et Israël l'accusent de soutenir en sous-main des groupes armés ( Hezbollah, Hamas ou Jihad islamique).

Lorsque le Premier ministre libanais Rafiq Hariri est assassiné, les services secrets syriens sont suspectés. Le vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, démissionne même et accuse clairement Bachar El Assad d’avoir joué un rôle dans cette affaire.

Malgré ce climat de suspiscion, El Assad est réélu le 27 mai 2007, avec plus de 97 % des voix.

De la révolte à la guerre civile

Depuis mars 2011, le contexte de révolte de certains pays arabes (Tunisie, Egypte) baptisé « Printemps arabe » touche la Syrie de plein fouet.

Une vague de contestation populaire sociale et politique sans précédent s’est aussi mise en place à l'encontre du régime baasiste de Bachar El Assad. Les manifestants dénoncent la corruption et la tyrannie de leur dirigeant et réclament son départ. Les manifestations font rapidement  place à des affrontements violents avec les forces loyalistes. On dénombre désormais plusieurs dizaines de milliers de morts.

Bachar el-Assad conteste ce bilan et se décrit comme le défenseur d'une nation stable et laïque, face à une vague de terrorisme financée, militairement et humainement par des puissances étrangères.

Pour aller plus loin : 

Syrie, le crépuscule des Assad, documentaire de 2011

La Tunisie de Ben Ali

L'égypte de Hosni Moubarak

L'histoire du Yémen, le règne d'Abdullah Saleh

L'organisation des Frères musulmans

Rédaction Ina le 02/02/2011 à 16:40. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 11:49.
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