Hommage à la Cinémathèque


Du 23 septembre au 18 octobre, la Cinémathèque rend hommage aux artisans de la nouvelle vague, dans l'exposition "La nouvelle vague, une génération d'acteurs" . Un mouvement majeur du 7e art français et une expression inventée, en octobre 1957, par Françoise Giroud.



Une journaliste




Années 50. La jeunesse est en plein remous. Ses goûts, ses rêves, ses attentes : Françoise Giroud, journaliste à L'Express, les étudie. Le 3 octobre 1957, pour définir ce contexte de rupture et de modernité, la plume trouve un titre : « La Nouvelle Vague arrive ! » Les caméras avant-gardistes du cinéma français se l'approprient. Elles balaient désormais tous les préceptes du vieux 7e art.
Ils se nomment François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Claude Chabrol ou encore Eric Rohmer. Tous sont issus des « Cahiers du cinéma ». En tournant rapidement et avec peu de moyens, cette jeune équipe descend dans la rue, montrant des extérieurs et des intérieurs naturels. D'autres partagent leur point de vue : Agnès Varda, Jacques Demy ou Jean-Pierre Melville entre autres.
En 1959, « Les 400 Coups » et « A bout de souffle » sortent… coup sur coup. Et ces deux titres haletants font figure de manifestes.


Des réalisateurs


Le cinéma de la Nouvelle Vague concerne surtout la façon d'envisager les films. Ce qui frappe : les différences énormes de conception et d'esprit, une nouvelle façon de produire (il s'agit de films à petits budgets), une mise à mal des conventions aussi. Dans « A bout de souffle », la règle de continuité n'est pas respectée car Godard coupe les blancs dans un dialogue.
Des années plus tard, en 1980, face à Anne Sinclair, François Truffaut revient sur le mouvement : « c'était un groupe comme il existe en littérature ou en peinture, mais un groupe sans programme esthétique commun, qui était partisan de rajeunir le cinéma, de faire des films plus personnels. (…) Nous voulions quitter les studios, tourner dans de vrais appartements, mettre tous les personnages sur un même pied d'égalité, etc. » Le cinéma de la Nouvelle Vague revendique donc sa part de liberté.



Des actrices, des acteurs


Autre élément déterminant : l'arrivée d'une nouvelle génération d'acteurs. Jean-Paul Belmondo, Brigitte Bardot, Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Cassel, Jeanne Moreau… Depuis l'entre-deux guerre, le cinéma français n'a ps su renouveler ses acteurs. Cette apparition de visages inédits permet de toucher le jeune public.
Un exemple : sous la direction de Godard, Jean-Paul Belmondo incarne le visage masculin de la Nouvelle Vague. Son physique anti-jeune premier et son jeu très spontané en font l'icône du mouvement et lui permettront d'accéder rapidement au rang d'acteur-vedette.
Des années après la couverture mémorable de L'Express, Françoise Giroud remet son expression en contexte : elle qui s'était alors interrogée sur le point de vue de jeunes adultes qui avaient vécu la guerre enfants, s'est avouée « frappée par le fait qu'ils aient le cœur frileux et un grand appétit matériel ». Mais aujourd'hui, leur insolence et leur fraîcheur continuent à faire rêver.



Rédaction Ina le 13/10/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 14:57.
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