Arrestation de Ratko Mladic, le "boucher des Balkans"

L'ancien chef militaire de Serbie Ratko Mladic a été arrêté ce 26 mai. Le responsable du massacre de Srebrenica, en cavale depuis 16 ans, devrait être transféré devant le TPI. Le 6 avril 1992, le siège de Sarajevo marquait le début de la guerre en Bosnie. Retour sur un conflit qui suscita l'indignation de la communauté internationale et endeuilla l'Europe toute entière.

Dislocation de la Yougoslavie

Depuis 1946, la Yougoslavie est un Etat fédéral dont le ciment repose sur le régime dictatorial de Josip Broz Tito. A la mort du président yougoslave, en 1980, la renaissance des nationalismes achève l'éclatement du pays, qui se matérialise en 1991 par les déclarations d'indépendance de la Slovénie puis de la Croatie.

Une république divisée

C'est dans ce contexte que la Bosnie-Herzégovine revendique à son tour son autonomie. Mais la question de l'indépendance se trouve d'autant plus difficile à résoudre, que la Bosnie est elle-même constituée de plusieurs minorités (Musulmans, Croates et Serbes) qui n'arrivent pas à s'entendrent. En mars 1992, les Serbes de Bosnie boycottent le referendum d'autodétermination, et la rupture entre Serbes et Croato-Musulmans est officiellement consommée.

Le siège de Sarajevo

Malgré le boycott des Serbes, le nouvel Etat indépendant est reconnu par la Communauté européenne le 6 avril 1992. Le jour même, une grande manifestation pacifique est organisée dans la capitale bosniaque, au cours de laquelle des franc-tireurs vont tirer dans la foule et tuer une jeune étudiante. Cet événement marque le début du siège de Sarajevo par l'armée serbe. Il durera 3 ans et entraînera la mort de 12 000 personnes.

Les pires des exactions

Les affrontements entre Serbes, Croates et Musulmans s'étendent rapidement dans tout le pays. Les milices bosno-serbes, mieux équipées commettent très vite les pires exactions : exécutions sommaires, massacres, pillages, viols collectifs et expulsion de tous les Croates et des Musulmans en vue de constituer des régions "ethniquement pures". Parallèlement, les relations entre les Croates et les Musulmans, jusqu'alors alliés, se détériorent et les deux minorités se livreront à leur tour aux pires forfaits.

L'intervention internationale

L'opinion publique internationale apprend jour après jour les atrocités perpétrées en Bosnie, mais aucun état occidental ne décide d'intervenir directement. Les Nations Unies envoient sur place des casques bleus (FORPRONU) chargés de maintenir la paix et d'accomplir une mission humanitaire auprès des populations civiles. Sur le terrain, cette force s'avère toutefois inefficace. L'Otan décide alors d'intervenir à son tour en 1995.

Le massacre de Sebrenica

Le 11 juillet 1995, la ville de Srebrenica est prise par les Serbes et sa population expulsée. Plusieurs milliers d'hommes (plus de 8000) sont alors massacrés sur place. Après ce massacre, les Croates se livrent à leur tour à une " purification ethnique" dans la ville de Bihac : 200 000 Serbes furent chassés de la région et, dès lors, les forces bosno-serbes commencent à perdre du terrain.

Les accords de Dayton

Vaincus, les Serbes de Bosnie mandatent Milosevic, le président de la République de Serbie pour négocier en leur nom. Au mois de novembre, le représentant serbe et ses homologues bosniaque et croate se retrouvent à Dayton, aux Etats-Unis pour signer, le 21 décembre 1995, la fin de la guerre. Aujourd'hui encore, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie continue encore à traquer, juger et condamner les criminels d'une guerre qui aura causé la mort de 102 622 personnes, dont 55 261 civils.

Rédaction Ina le 02/04/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 11:28.
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